Espagne

04 octobre 2019 16:03; Act: 04.10.2019 16:03 Print

Une journaliste en larmes lors d'un duplex infernal

Laila Jimenez, qui couvrait pour Telecinco les manifestations d'indépendantistes catalans mardi à Barcelone, a été passablement malmenée. Les réactions fusent.

Sur ce sujet
Une faute?

Des milliers d'indépendantistes ont manifesté mardi en Catalogne, au deuxième anniversaire du référendum d'autodétermination illégal du 1er octobre 2017 et en soutien à leurs dirigeants emprisonnés. À cette occasion, une journaliste de la télévision espagnole Telecinco avait été dépêchée dans les rues de Barcelone. Laila Jimenez a vécu un véritable enfer, alors qu'elle tentait péniblement de s'exprimer en direct.

La jeune femme a d'abord reçu une canette de boisson énergisante sur la tête, avant d'être bousculée, engueulée et insultée par des séparatistes catalans. Tandis que certains criaient à la journaliste de s'en aller, d'autres ont essayé de la protéger des assauts des autres manifestants et lui ont tendu du papier pour qu'elle puisse s'essuyer. Au bord des larmes, la journaliste n'a pas été blessée lors de cette tentative de duplex. Elle a fini par trouver un endroit plus calme pour pouvoir travailler.

Une «provocation»

Laila Jimenez dit avoir vécu cette expérience comme une «humiliation». Selon «El Pais», certains militants indépendantistes ont considéré sa présence comme une «provocation». Le traitement réservé à la jeune femme a provoqué les vives réactions de certains politiciens espagnols, certains condamnant le comportement des manifestants. «Faire cela à une femme travailleuse avec un micro dans la rue, c'est dégoûtant. Ça suffit», s'est indigné sur Twitter Gabriel Rufian, porte-parole du Parti républicain catalan.


Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités à prendre des mesures. «Les autorités doivent enquêter rapidement et de manière approfondie sur les attaques perpétrées contre Laila Jiménez, journaliste de Telecinco, et traduire les responsables en justice. Le harcèlement des journalistes qui couvrent les manifestations en Espagne est beaucoup trop fréquent», a déclaré Carlos Martinez de la Serna, directeur de programme du CPJ.


(joc)