France

14 avril 2019 21:32; Act: 14.04.2019 22:27 Print

«Si je vois mon visage sur tes images, je t'égorge»

Un homme a menacé de mort une journaliste de télévision qui couvrait la Ligue des droits de l'homme.

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Les Gilets jaunes ont souvent des pancartes contre les médias. (Photo: AFP)

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Une journaliste d'une télévision locale française a fait l'objet de menaces verbales de mort lors d'un rassemblement à l'initiative de la Ligue des droits de l'homme (LDH), samedi à Châteauroux, contre la loi anti-casseurs.

«Si jamais je vois mon visage sur une seule de tes images, je t'égorge», a déclaré un participant au rassemblement à Lise Nicolle, journaliste à Bip-tv, a rapporté cette dernière à l'AFP. «J'avais ma caméra sur trépied et, avant de me dire ça, il m'a demandé pour quel media je travaillais», a-t-elle dit. «Il savait très bien que j'étais journaliste».

«Il s'est approché, il s'adressait vraiment à moi», a poursuivi la journaliste, précisant: «A ce moment-là, j'étais avec d'autres confrères et il a fait le geste sur son cou d'égorger quelqu'un». «Et même, il a insisté qu'il reviendrait à Bip-Tv et que c'était pas contre la chaîne mais contre moi», a-t-elle ajouté.

Lise Nicolle couvrait ce rassemblement devant la préfecture de Châteauroux auquel participaient environ 120 personnes, selon le président de la LDH dans l'Indre, Mark Bottemine.

Ce dernier a accompagné la journaliste au commissariat où elle a déposé une main courante. «J'y retourne demain (lundi) et on va déposer deux plaintes, en mon nom propre et au nom de mon employeur», a-t-elle dit.

«C'est quelqu'un que je n'avais jamais vu auparavant. Il avait l'air seul. Il ne portait pas de gilet jaune et rien de permet de dire que ce soit un gilet jaune», a affirmé à l'AFP la journaliste, ajoutant que l'homme, autour de la quarantaine, était «plus ou moins connu (des services de police) comme une personne un peu instable, un peu dérangée».

«C'est un événement qu'il ne faut pas minimiser et qu'il faut replacer dans son contexte. C'est un acte très isolé», a commenté à l'AFP M. Bottemine.

«Manifestement psychologiquement instable»

Le président de la LDH a confirmé que l'auteur de ces menaces est une personne considérée de source policière comme «manifestement psychologiquement instable». «C'était un rassemblement extrêmement calme avec des associations, des syndicats, une trentaine de gilets jaunes , avec un comportement très citoyen et pacifique», a expliqué M. Bottemine.

Dans un communiqué, le président de Bip-tv, l'ancien ministre André Laignel (PS), a condamné «avec la plus grande fermeté la menace de mort proférée» et apporté «tout son soutien» à la journaliste.

«Le débat public peut être vif mais rien ne peut justifier une telle menace qui n'a pas sa place dans notre République», a ajouté le maire d'Issoudun. A l'initiative de la LDH, une cinquantaine d'associations avaient appelé samedi à des rassemblements dans toute la France pour demander l'abrogation de la loi anti-casseurs.

(nxp/afp)