Antarctique

16 février 2011 06:53; Act: 16.02.2011 06:59 Print

Une mission baleinière suspendue

Le Japon a suspendu sa mission baleinière dans l'Antarctique, en raison des pressions exercées par une association de défense de l'environnement, et pourrait y mettre fin plus tôt que prévu.

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Les pêcheurs japonais vont rentrer au pays plus tôt que prévu. (Photo: Reuters)

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«Le (bateau) Nisshin Maru, qui est poursuivi par Sea Shepherd, a suspendu ses activités depuis le 10 février pour des raisons de sécurité, et nous sommes en train d'étudier la situation, y compris la possibilité d'arrêter prématurément sa mission», a expliqué un responsable de l'Agence, Tatsuya Nakaoku.

Selon un militant d'une autre organisation écologiste, Greenpeace, le Japon aurait déjà décidé de raccourcir la campagne de cette année, non pas à cause du harcèlement de Sea Shepherd mais compte tenu des stocks massifs de chair de baleine déjà accumulés.

Impossible de capturer 1000 cétacés

«Des informateurs nous ont déjà dit que les pêcheurs allaient rentrer plus tôt», a affirmé Junichi Sato, ajoutant que la capture de 1.000 cétacés, l'objectif officiel côté nippon, était impossible à réaliser du fait de la capacité insuffisante du navire amiral de la flotte baleinière, le bateau usine Nisshin Maru.

«Le harcèlement de Sea Shepherd est présenté comme la raison officielle, mais cela tient davantage à des raisons particulières au Japon», a-t-il poursuivi.

Les bateaux japonais pêchent chaque année plusieurs centaines de baleines dans l'Antarctique au nom de la «recherche scientifique», une pratique tolérée par la Commission baleinière internationale qui interdit la chasse commerciale au cétacé depuis 1986.

La pêche à la baleine, une tradition nippone

L'Australie a saisi en juin dernier la Cour internationale de justice afin d'obliger le Japon à mettre fin à ce programme de chasse, estimant que l'archipel violait ses «obligations internationales».

Les autorités nippones affirment que cette pêche fait partie intégrante de la culture nippone, sans cacher que la viande de baleine termine sur les étals nippons.

Les écologistes dénoncent pour leur part une pratique cruelle et inutile, soulignant que cette viande n'est pas particulièrement appréciée au Japon et que les missions subventionnées par les autorités coûtent cher au contribuable.

Ces campagnes dans l'Antarctique sont régulièrement perturbées par les militants de Sea Shepherd (une association basée aux Etats-Unis) qui poursuivent les baleiniers à bord de leurs propres navires.

Accrochage médiatisé en janvier 2010

Un trimaran de l'association avait coulé début janvier 2010 après un accrochage très médiatisé avec un baleinier japonais.

En juillet, un ancien militant néo-zélandais de Sea Shepherd, l'ex-capitaine du trimaran coulé, a été condamné au Japon à deux ans de prison avec sursis pour avoir blessé au visage un marin nippon en jetant sur son baleinier une flasque d'acide butyrique (beurre rance) au mois de février précédent.

M. Sato, de Greenpeace, a quant à lui été condamné en septembre à un an de prison avec sursis, tout comme un autre militant de l'association. Ils ont été reconnus coupables par la justice nippone de vol de chair de baleine, un larcin que les écologistes ont affirmé avoir accompli pour dénoncer un «trafic illégal» de chair de cétacés.

(afp)