Gouvernement italien

21 août 2019 15:22; Act: 21.08.2019 22:27 Print

«Peut-être une nouvelle page pour l'Italie»

Le Parti Démocrate italien a proposé de former une majorité avec le Mouvement 5 Etoiles. Il a posé cinq conditions pour constituer un nouveau gouvernement.

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Le chef du Parti démocrate italien, Nicola Zingaretti, veut s'entendre avec les Cinq étoiles sur un programme commun. (Photo: Keystone)

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La classe politique italienne est en effervescence: le Parti démocrate, première force de gauche, a proposé une alliance au Mouvement Cinq Etoiles, après la fin de son mariage avec la Ligue de Matteo Salvini. Elle a toutefois posé un certain nombre de conditions à une nouvelle majorité de gouvernement.

Avant même le démarrage de «consultations» du président italien Sergio Mattarella pour évaluer la solidité d'un nouvel exécutif, le PD a voté à l'unanimité une proposition qu'il fera au chef de l'Etat «pour constituer un gouvernement de changement» avec le M5S (anti-système). Le PD veut s'entendre avec les Cinq Etoiles sur «un programme réalisable et partagé par une large majorité parlementaire», a expliqué à la presse le chef du PD, Nicola Zingaretti, à l'issue d'une réunion d'état-major.

Il a posé cinq conditions précises au M5S, une formation née de la dénonciation du vieux système politique et de la corruption mais parcourue par de multiples courants dont l'un fortement eurosceptique.

«Appartenance loyale à l'Europe, pleine reconnaissance de la démocratie représentative et de la centralité du parlement, développement basé sur le respect de l'environnement, changement de cap dans la gestion des flux migratoires avec un rôle prééminent de l'Europe, virage dans la politique économique et sociale vers davantage de redistribution et d'investissements».

Le M5S réserve sa réponse

Le M5S n'a pas répondu à l'offre du PD, disant vouloir «attendre la fin des consultations» du président qui ont été lancées dans l'après-midi. Mais il a rappelé, dans un communiqué, qu'il est «le premier parti au parlement, avec sa propre majorité relative».

En effet, et même si les rapports de forces se sont inversés depuis, le M5S avait recueilli, aux législatives du printemps 2018, 32% des suffrages contre seulement 17% pour la Ligue de Matteo Salvini. Aujourd'hui, les sondages les créditent respectivement de 16/17% et 36/38%.

Sûr de sa bonne étoile et de la «protection du coeur immaculé de Marie», M. Salvini a maintenu sa ligne: il réclamera au président «la voie royale» du retour aux urnes. Il s'est moqué mercredi de ses anciens «amis» Cinq Etoiles: «demandez-leur ce qu'ils pensent des cinq points de Zingaretti, ils ont un sacré estomac, en une semaine ils sont passés de la Ligue à Renzi».

L'idée d'une telle alliance avait été lancée par l'ancien premier ministre PD Matteo Renzi, ennemi juré de la Ligue, mais aussi du M5S, après la rupture, le 8 août, par le chef de la Ligue de l'union contractée 14 mois plus tôt avec les Cinq Etoiles.

Consultations sur deux jours

Après une discussion avec son expérimenté prédécesseur Giorgio Napolitano (président de 2006 à 2015), Sergio Mattarella a reçu mercredi les présidents du Sénat et de la Chambre des députés et tous les petits groupes parlementaires. Aucun élément n'a filtré sur leurs discussions. Il verra les principaux grands partis jeudi.

M. Mattarella «ne perdra pas de temps et surtout ne permettra pas qu'on lui en fasse perdre», estime mercredi dans La Stampa, Ugo Magri, journaliste spécialisé dans l'analyse du rôle d'arbitrage du président. Pour dénouer la crise, le président Mattarella dispose d'un éventail d'options, y compris un scrutin dès l'automne.

Mais il est notoirement réticent à cette idée car les élections tomberaient pile au moment où la troisième économie de la zone euro, en panne et très endettée, devra présenter à la Commission européenne son projet de budget pour 2020.

Avec quelle personnalité?

L'une des inconnues sera la personnalité qui mènera la nouvelle majorité. Le M5S pousse à une reconduction de Giuseppe Conte, que son chef Luigi di Maio a qualifié mardi de «serviteur de la Nation dont l'Italie ne peut pas se passer».

Toutefois le patron du PD est réticent à un «Conte bis», entaché à ses yeux des concessions du premier ministre sortant au durcissement sécuritaire envers les migrants impulsé par M. Salvini.

M. Mattarella examinera aussi l'hypothèse proposée par l'ancien premier ministre et ex-président de la Commission européenne, Romano Prodi: une grande coalition pro-européenne, gauche-droite à l'allemande. Faute d'accord, il ne lui resterait que deux possibilités: un gouvernement de techniciens pour adopter le budget et préparer des élections au printemps 2020, ou un «gouvernement du président» avec pour unique mandat d'organiser un scrutin anticipé fin octobre.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • pascal B. le 21.08.2019 16:14 Report dénoncer ce commentaire

    chaises musicales

    Toute de façon c'est les chaises musicales dans ce pays, le gouvernement change tout le temps et cette coalition ne va certainement pas durer longtemps..

  • Jean petos le 21.08.2019 17:25 Report dénoncer ce commentaire

    Ca va peter

    C'est un train de bouger dans tous les pays. Quand les peuples en auront vraiment marre alors ca petera dans tous les pays

  • Spirou le 21.08.2019 17:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bella ciao

    Ils pourront continuer à chanter « Bella Ciao » avec les derniers réfugiés débarqués sur le sol italiens.... ça fera plaisir à la dictature progressiste de Bruxelles....

Les derniers commentaires

  • Toto le 21.08.2019 22:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Fatevi i Cazzi vostri

    Tant de critiques sur l'Italie et pourtant vous êtes les premiers à venir poser vos fesses sur les plages de la côte Amalfitaine et boire du Limoncello... ou embarquer dans une gondole a Venezia... Apprenez déjà à voter correctement en Suisse et après on pourra en discuter. Ma fatevi i cazzi vostri!

  • Mano le 21.08.2019 22:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tous foutus

    Sincèrement ces politiciens italiens ont cette fois vraiment touché le fond du ridicule et malheureusement pour eux,ils ne s'en rendent même pas compte, c'est à mourir de rire.Cela fait une éternité que ces gens profitent du peuple et se remplissent les poches tout en étant incompétent dans ce qu'ils entreprennent.Il y a très longtemps l'histoire nous a montré que la révolution française a bien eu lieu, on connaît la suite,il. y'a de très fortes chances que cela arrive de nos jours en Italie pour que quelque chose enfin change.

  • Ange 1 et démon 1 le 21.08.2019 21:56 Report dénoncer ce commentaire

    L'italie et l'histoire de l'humanité

    Jai dit avant que Salvini arrive au pouvoir ,que l'itali va nous montrer la voie à prendre avant grand chaos

  • Sababeach le 21.08.2019 20:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tous drôle

    Ça va faire tous drôles à salvini !! Paf le chat ..

  • marco guarino le 21.08.2019 20:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    capitaine ridiculus

    ...salvini na rien fais a part ce prendre des selfies morito et donc... les mérites des autres... et Monsieur conte la mis devant le faut accomplis ..le meilleurs président de ces 30 dernières années respect M.Conte

    • Non dimenticar le 21.08.2019 20:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @marco guarino

      conte ..un homme sans relief il va rentrer vite dans l'oubli ou il était avant

    • en verité je vous dis le 21.08.2019 21:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @marco guarino

      en Italie on parle bien de quelqu'un a son nécrologe Conte pendent ces 14 mois a signé ce que Salvini faisait et son rôle etait de dire non au cas ou ..l il ne l'a pas fait ..quand mis dehors a tout déchargé sur le dos de Salvini .. c'est l'italie dans toute sa splendeur