Grande-Bretagne/Russie

22 juillet 2014 11:46; Act: 22.07.2014 12:18 Print

Une nouvelle enquête sur la mort de Litvinenko

Londres a lancé mardi une «enquête publique» sur la mort de l'opposant russe, décédé en 2006 dans la capitale britannique.

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Alexander Litvinenko, un ex-membre du KGB, est mort après un empoisonnement au polonium. (Photo: Keystone/Litvinenko Family Handout)

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La ministre britannique de l'Intérieur Theresa May a annoncé mardi une «enquête publique» sur la mort de l'opposant russe Alexandre Litvinenko, un revirement de Londres qui avait jusqu'alors refusé une telle procédure, susceptible de se pencher sur le rôle de Moscou. «J'espère vraiment que cette enquête offrira du réconfort à (la) veuve» de l'ex-agent russe, mort en 2006 à Londres empoisonné au polonium, une substance radioactive, a commenté la ministre.

Veuve «soulagée et ravie»

Cette décision intervient au moment où Londres milite pour un durcissement des sanctions contre Moscou, à la suite du crash du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine, probablement abattu par un missile tiré, selon les Etats-Unis, depuis la zone sous contrôle des rebelles prorusses. Alexandre Litvinenko, 43 ans, un transfuge du FSB (services de renseignement russes) réfugié au Royaume-Uni, avait bu un thé en novembre 2006 avec Andreï Lougovoï, un agent secret russe, et l'homme d'affaires Dmitri Kovtoun, dans un hôtel londonien. Il avait succombé peu après à un empoisonnement au polonium.

Sa veuve, Marina Litvinenko, s'est dite «soulagée et ravie» de l'annonce de cette enquête qui envoie selon elle aux assassins de son mari le message que «peu importe votre puissance, la vérité l'emportera au bout du compte». Le gouvernement britannique avait jusqu'à présent refusé d'ordonner une telle «enquête publique» qui permet, contrairement à ce que son nom suggère, l'examen à huis clos de documents sensibles.

Refus d'extradition

Theresa May voulait initialement attendre les résultats d'une enquête judiciaire («inquest») sur ce décès. Le magistrat chargé de cette enquête avait en 2013 regretté être dans l'impossibilité d'examiner le rôle éventuel de l'Etat russe, et plaidé auprès du gouvernement, sans succès, pour le déclenchement d'une enquête publique pour ce faire.

L'affaire Litvinenko est un sujet de contentieux entre Londres et Moscou, en raison du refus de la Russie d'extrader Andreï Lougovoï, considéré par les enquêteurs britanniques comme étant le principal suspect dans cet assassinat. En juillet 2013, Theresa May avait reconnu que la diplomatie avait été l'un des «facteurs» dans la décision de Londres de renoncer à une enquête publique.

(afp)