Médicaments dangereux

18 janvier 2011 12:39; Act: 18.01.2011 12:53 Print

Une sénatrice veut agir contre le Roaccutane

Un médicament contre l'acné est dans le viseur d'une sénatrice française qui estime que des mesures doivent être prises contre cette substance qui aurait entraîné des suicides.

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La sénatrice UMP des Français de l'étranger Joëlle Garriaud-Maylam appelle mardi le ministre de la Santé Xavier Bertrand à prendre «des mesures d'urgence» à l'encontre du Roaccutane et de ses génériques à base d'isotrétinoïne. Ces médicaments sont utilisés dans le traitement de l'acné et soupçonnés d'être à l'origine de plusieurs dizaines de suicides d'adolescents.

L'élue rappelle qu'en octobre 2009, le ministre de la Santé lui avait indiqué qu'une étude de l'AFSSAPS avait été lancée sur ce sujet. Cette enquête est «apparemment toujours en cours», observe Mme Garriaud-Maylam. «Alors que c'est la santé psychique de nos adolescents voire leur vie qui est en jeu, nous ne devons pas laisser les intérêts économiques prendre le pas sur le principe de précaution».

Elle souligne que ces médicaments, qui ne se vendent plus aux Etats-Unis, sont toujours commercialisés en France. En 2007, l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) avait demandé une «vigilance particulière» pour les patients traités par isotrétinoïne ayant des antécédents psychiatriques. Elle estimait qu'il convenait d'arrêter le traitement en cas de signes évoquant une dépression. En 2009, elle avait écrit aux prescripteurs et pharmaciens pour rappeler la dangerosité du médicament.

Champix et Mediator dans le viseur

«Malheureusement nombre de parents ignorent ces recommandations et ne lisent pas avec suffisamment d'attention les notices d'accompagnement, qui indiquent pourtant, parmi les effets indésirables signalés, des dépressions et des tentatives de suicides», ajoute la sénatrice UMP, jugeant «absurde de laisser aux seuls parents la responsabilité d'interdire à leurs enfants la prise d'un médicament aux effets secondaires parfois dévastateurs».

«Certes le ministre Xavier Bertrand, suite à l'affaire du Mediator, a annoncé un projet de loi sur la réforme de la pharmacovigilance pour 2011 mais nous ne pouvons plus attendre», plaide Joëlle Garriaud-Maylam.

Par ailleurs, le député UMP de l'Isère Jacques Remiller alerte le ministre, dans une question écrite, sur les effets secondaires du Champix, utilisé dans le sevrage tabagique. «Alors que le scandale du Mediator rend nos concitoyens très méfiants face aux laboratoires pharmaceutiques, il souhaite connaître la position du ministre sur ce médicament et savoir s'il compte le faire interdire».

(ap)