Crise de l'«Aquarius»

15 juin 2018 07:57; Act: 15.06.2018 11:45 Print

Une victoire des «durs» au sein de l'Union européenne

Le refus retentissant par l'Italie d'accueillir le bateau avec ses plus de 600 migrants n'a pas soulevé de vague de protestation des autres pays européens.

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Plus de 16'000 migrants ont été rapatriés de Libye en 2018 grâce au programme «Retour volontaire» de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). (Mercredi 6 février 2019) Les gardes-côtes italiens ont annoncé vendredi avoir bloqué dans le port de Catane, en Sicile, le navire Sea-Watch 3, après que ce dernier ait débarqué les 47 migrants qui étaient à son bord (Vendredi 1 février 2019) 54 ONG ont accusé les gouvernements de l'Union européenne de «complicité» dans la «tragédie» des migrants en mer Méditerranée. (Vendredi 1er février 2019) Le Sea-Watch 3, navire affrété par une ONG allemande, erre depuis 14 jours en Méditerranée avec une trentaine de migrants à son bord. (Vendredi 4 janvier 2019) Un total de 2262 migrants sont morts en tentant de traverser la Méditerranée l'an dernier. (Jeudi 3 janvier 2018) Les garde-côtes espagnols ont secouru près de 400 migrants en Méditerranée ce week-end, alors que l'Espagne est devenue la principale porte d'entrée pour l'Europe. (Dimanche 5 août 2018) Après avoir vu 1200 migrants arriver sur ses côtes en deux jours, l'Espagne a appelé offrir une «solution européenne (au) problème de l'immigration». (Dimanche 29 juillet 2018) Selon l'Organisation internationale pour les migrations, au moins 1500 migrants ont déjà péri en Méditerranée en 2018. (Samedi 28 juillet 2018) Le ministre des affaires étrangères de l'Espagne, Josep Borrell, a critiqué la décision de l'Italie de fermer ses ports aux migrants. (Jeudi 26 juillet 2018) Une ONG espagnole a secouru 59 migrants en Méditerranée samedi. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a aussitôt annoncé que l'Italie ne les accepteraient pas. (Samedi 30 juin 2018) Les dirigeants de l'UE se sont félicités vendredi de l'accord trouvé sur les migrations. Mais constitue-t-il une vraie percée ou seulement un sparadrap politique pour apaiser provisoirement les esprits? (Samedi 30 juin 2018) L'Italie a encore refusé de laisser accoster un bâtiment qui appartient à l'organisation caritative espagnole Proactiva Open Arms. (Vendredi 29 juin 2018) Face au nombre croissant de migrants depuis 2018, les autorités bosniennes veulent ouvrir un centre d'accueil de migrants. Mais l'Union européenne le trouve trop proche de la frontière. (Mercredi 27 juin 2018) Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini s'est envolé lundi matin pour la Libye pour rencontrer les autorités du pays sur la question des migrants. (Lundi 25 juin 2018) Le ministre italien de l'intérieur, Matteo Salvini, a demandé aux ONG internationales de ne pas sauver les migrants en Méditerranée et de laisser faire les garde-côtes libyens. (Dimanche 24 juin 2018) Giuseppe Conte est reçu à Paris par Emmanuel Macron après la polémique qui entoure le navire Aquarius. (14 juin 2018) Le ministère italien des Affaires étrangères a indiqué mercredi avoir convoqué l'ambassadeur de France à Rome au lendemain d'une polémique entre les deux pays sur le sort de l'Aquarius, navire humanitaire en route vers l'Espagne avec 629 migrants à bord. (13 juin 2018) Malte a confirmé son refus de recevoir comme le lui demandait l'Italie un navire d'une ONG française transportant plus de 600 migrants recueillis en Méditerranée. (Dimanche 10 juin 2018) Quelque 472 migrants ont été secourus en mer au large du Maroc dans la nuit de vendredi à samedi. (9 juin 2018) Septante-quatre migrants morts noyés ont été repêchés, après le naufrage survenu dans la nuit de samedi à dimanche. (Jeudi 7 juin 2018) Un nouveau drame de l'immigration s'est produit au large de la Tunisie le week-end dernier. Une embarcation avec des dizaines de migrants a chaviré. Il y aurait, selon un nouveau bilan ce mardi 52 morts. (5 juin 2018) Les gardes-côtes libyens ont encore empêché un navire humanitaire de s'approcher d'une embarcation en détresse. (Dimanche 6 mai 2018) Une soixantaine de personnes rassemblées lundi à Vintimille, près de la frontière entre l'Italie et la France, ont pris le départ d'une marche solidaire avec les migrants qui doit les mener jusqu'à Londres le 8 juillet. (30 avril 2018) Nouveau drame en mer où quatre migrants sont morts ce dimanche en tentant d'atteindre l'Espagne depuis le Maroc dans une embarcation de fortune. (1er avril 2018) La justice italienne a placé sous séquestre le navire d'une ONG espagnole, Open Arms, engagée dans le secours de migrants. Elle est soupçonnée d'association de malfaiteurs en vue de favoriser l'immigration clandestine. (Lundi 19 mars 2018) Plusieurs centaines de migrants ont été recueillis par des navires de sauvetage internationaux et des vedettes des gardes-côtes libyens au large des côtes libyennes. (Samedi 10 mars 2018) Après la fermeture de la frontière à Vintimille, sur la côte ligure, les migrants ont commencé à passer par la montagne, et en particulier par la route du col de l'Echelle, longue de seize kilomètres, qui sépare Bardonecchia de Névache, le premier village français. Une route dangereuse. (Mardi 20 février 2018) Près d'une vingtaine de migrants ont été retrouvés noyés en mer entre l'Espagne et le Maroc, a annoncé une porte-parole de la préfecture de l'enclave espagnole de Melilla. (Dimanche 4 février 2018) (Archives) Nouveau drame de l'immigration. Ce vendredi, le naufrage d'une embarcation au large de la Libye a fait au moins 90 morts. (2 février 2018) Environ 13'000 migrants africains ont été évacués de Libye depuis début décembre, a assuré le président de la commission de l'Union africaine. (Lundi 29 janvier 2018) Nouveau drame humain. Haïd Aman, 3 mois, était trop petit pour traverser avec sa mère la Méditerranée et affronter avec autant de monde à bord d'un canot le vent et les vagues. (18 janvier 2018) Quelque 1400 migrants ont été secourus en Méditerranée, ont annoncé les gardes-côtes italiens et des sauveteurs espagnols. Deux corps sans vie ont été trouvés à bord d'embarcations qui tentaient la traversée depuis l'Afrique du nord. (Mardi 16 janvier 2018) Un canot pneumatique a fait naufrage en mer Méditerranée. Une centaine de migrants sont portés disparus. (Mardi 9 janvier 2018) Au moins 31 migrants ont trouvé la mort et 200 autres ont été secourus après le naufrage de deux embarcations au large des côtes libyennes. Une quarantaine de personnes sont portées disparues. (Samedi 25 novembre 2017) Lancée en 2015, l'opération européenne Sophia a permis de sauver 42'000 migrants en mer, selon l'amiral Enrico Credendino. En outre,119 passeurs présumés ont été arrêtés. (Image prétexte) (Jeudi 23 novembre 2017) L'île de Lesbos s'est mise à l'arrêt à l'appel de sa municipalité. Elle réclame le transfert en Grèce continentale de milliers des réfugiés qui y sont parqués depuis des mois en application du pacte UE-Turquie. (Lundi 20 novembre 2017) Des gardes-côtes libyens intercepté des dizaines de migrants qui voulaient atteindre l'Italie par bateau. (Samedi 4 novembre 2017 - Image prétexte) Le comité anti-torture (CPT) du Conseil de l'Europe a mené une enquête de terrain en Grèce, et conclu que les conditions de détention des migrants y sont actuellement «inacceptables». (Image prétexte) «Maintenir des gens dans de telles conditions peut être considéré comme un traitement inhumain et dégradant, et (rsiqué) pour la santé publique», a conclu le comité, à l'issue de visites d'une vingtaines de camps et postes de police en Grèce. (Image prétexte) Le comité déplore la surpopulation, le manque d'eau, de soins, de conditions salubres, des risques pour les jeunes et les mineurs et des violences policières. C'est une mauvaise organisation des institutions qui est mise en cause et non le manque de financements, a conclu le comité du Conseil de l'Europe. (Image prétexte) Plus de 100 migrants auraient disparu en mer dans un nouveau naufrage au large de la Libye. (21 septembre 2017) Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a dénoncé la «violence» du mécanisme de quotas obligatoires d'accueil de réfugiés adopté par l'Union européenne, refusant que la Hongrie devienne un «pays d'immigration». (Jeudi 7 septembre 2017) Nombre de migrants déplorent vivre dans des conditions très dures en Libye, souvent enfermés dans des centres de détention. (Photo d'archives) La Cour de justice de l'UE a rejeté mercredi un recours de la Hongrie et de la Slovaquie, appuyé par la Pologne, contre le plan de répartition des réfugiés à travers l'Europe. (Mercredi 6 septembre 2017) L'ONG maltise MOAS (Migrant Offshore Aid Station) suspend ses missions en Méditerranée en raison de la tension accrue avec les autorités italiennes et lybiennes, a-t-elle annoncé le 4 septembre. (Image prétexte) The rising sun is seen over the Aegean Sea from a rescue vessel of the Migrant Offshore Aid Station (MOAS), a Malta-based organisation, aimed to rescue migrants on sea as it patrols between the eastern Greek Island of Agathonisi and Turkish shores, Wednesday, March 2, 2016. Border restrictions further north in the Balkans have left thousands of refugees and other migrants stranded in Greece, unable to seal its lengthy sea border with Turkey. (AP Photo/Lefteris Pitarakis) La Hongrie a annoncé jeudi avoir demandé à Bruxelles de lui rembourser la moitié des 800 millions d'euros que Budapest dit avoir dépensé pour ériger à ses frontières une clôture sécurisée. Cette mesure contre l'immigration illégale avait été contestée. (Jeudi 31 août 2017) Sommet sur la crise migratoire à Paris. Les dirigeants du Tchad et du Niger demandent plus de soutien financier de la part de l'Europe. Pour eux, le problème de l'immigration ne se résoudra que par le développement. (Lundi 28 août 2017) Plusieurs organisations mettent à disposition des dizaine de réfugiés bloqués en Grèce, des livres. En anglais, grec, français, arabe, kurde et farsi, ils sont autant de fenêtres ouvertes sur leur nouvel environnement, leur culture ou leur futur. (Image - 17 août 2017) Agatha Christie, les Mille et une nuits et les dictionnaires illustrés sont très demandés constatent les associations qui ont mis en place un système de bibliothèque pour les réfugiés, en Grèce. (Image - 17 août 2017) Le collectif «Defend Europe» a annoncé la fin de la mission - polémique - du navire C-Star, après moins d'une semaine de patrouille au large de la Libye. (Photo d'archives) La police espagnole a annoncé jeudi avoir démantelé un réseau d'immigration illégale qui transportait des migrants en jet-ski depuis le Maroc à travers le détroit de Gibraltar, pour 5000 euros par personne. (Jeudi 17 août 2017) Quelque 600 migrants, embarqués sur une quinzaine d'embarcations, ont été secourus entre le Maroc et l'Espagne par la Croix-Rouge et la Garde civile espagnole. Un record. (Mercredi 16 août 2017) Des passeurs ont jeté jeudi les passagers clandestins qu'ils transportaient au large du Yémen, faisant au moins cinq morts et 50 disparus. La veille, un drame similaire avait été dénoncé par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). (Photo d'illustration) (Jeudi 10 août 2017) Un passeur de migrants a contraint 120 passagers de son embarcation à se jeter à la mer à l'approche des côtes du Yémen, a déclaré l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Une cinquantaine de jeunes Somaliens et Éthiopiens sont morts noyés. (9 août 2017) La police espagnole et Europol ont démantelé un réseau de passeurs. Ceux-ci faisaient venir clandestinement au Royaume-Uni des citoyens iraniens payant environ 25'000 euros pour entrer avec des passeports falsifiés. (3 août 2017) Dans une lettre au premier ministre italien Paolo Gentiloni (ici à g.), le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (d.), a promis 100 millions d'euros supplémentaires, en plus des 800 millions déjà engagés et une task force européenne. (Image prétexte) Refugees International a qualifié à Athènes de «honteuse» la situation des réfugiés sur les îles de Lesbos, Chios et Samos. (Jeudi 13 juillet 2017) Plus de 3500 migrants ont été secourus ces derniers jours au large de la Libye. Une partie d'entre eux est arrivée mercredi en Italie ou allaient le faire. (Photo: un navire de l'ONG maltaise Moas, qui a secouru une partie des déplacés.) (Mercredi 12 juillet 2017) Frontex et les pays membres de l'UE participant à l'opération Triton ont accepté de modifier celle-ci en faveur de l'Italie, sans aller jusqu'à dire que les migrants recueillis en mer pourront débarquer dans les ports autres qu'italiens. (Mardi 11 juillet 2017) Les arrivées en Espagne ont plus que doublé depuis le début de l'année. En raison notamment de la situation en Libye, de plus en plus de migrants tentent de rejoindre l'Espagne au lieu de l'Ialie, mais ce choix est bien plus dangereux. (Image prétexte) Trente-cinq migrants, dont sept enfants, sont portés disparus après le naufrage de leur embarcation pneumatique samedi au large de la Libye. (Image d'illustration) Interpellés par l'Italie qui s'alarme des arrivées incessantes et massives de migrants sur ses côtes, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne réunis à Tallinn vont se pencher sur un «plan d'action» proposé en urgence par la Commission. (Jeudi 6 juillet 2017) 2017 est en passe d'être l'année la plus meurtrière sur les routes migratoires. Selon Amnesty, le taux de décès des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée est trois fois plus élevé qu'en 2015. (Jeudi 6 juillet 2017) L'Autriche s'est dit prête à ériger des barrières à sa frontière avec l'Italie, alors qu'une petite partie des milliers de migrants qui débarquent chaque semaine dans la péninsule continuent de chercher à gagner le nord de l'Europe via le Brenner. (Mardi 4 juillet 2017) Plus de 100'000 migrants et réfugiés sont arrivés depuis janvier en Europe en traversant la Méditerranée, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre est plus de deux fois inférieur à celui de 2016 à la même période mais près de 85% des migrants ont rejoint l'Italie. (Mardi 4 juillet 2017) Plus de 85'000 se sont rendus en Italie et près de 9300 en Grèce, selon les derniers chiffres publiés par l'OIM. En outre, près de 6500 sont arrivés en Espagne. 2247 sont décédés ou portés disparus. (Mardi 4 juillet 2017) Lundi, en ouverture du sommet de l'Union africaine (UA), le roi du Maroc Mohammed VI (ici lors d'un précédent sommet en janvier 2017) a plaidé pour une «vision africaine commune» à propos de la migration et fera des propositions en ce sens aux pays africains. (Lundi 3 juillet 2017)

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Les critiques du président français Emmanuel Macron contre l'«irresponsabilité» de Rome n'ont pas fait tache d'huile dans l'UE, où la «protection des frontières extérieures» apparaît désormais comme le seul consensus face au défi migratoire après des années de divisions.

Le gouvernement italien a en revanche reçu des soutiens appuyés de la Hongrie et de la Slovaquie. Tandis qu'à Bruxelles, la Commission s'est bien gardée de le pointer du doigt, se limitant à des appels à la solidarité entre Etats membres et à l'humanité à l'égard des migrants à secourir en mer.

Le refus de laisser accoster l'Aquarius est pourtant une décision «radicale», observe Yves Pascouau, chercheur à l'Université de Nantes. L'expert rappelle qu'en 2013, face au même constat d'un manque de solidarité de ses voisins, Rome avait pris une initiative «aux antipodes» avec le lancement de l'opération humanitaire Mare Nostrum.

«Ce changement du paysage politique en Italie est à l'image du changement que l'on perçoit dans les Etats européens en général», dit à l'AFP M. Pascouau, pour qui l'épisode de l'Aquarius est «l'illustration d'un mouvement lent du paysage politique européen, de la victoire des positions les plus restrictives, des durs» prônant un verrouillage des frontières.

Ces positions ont longtemps été incarnées par les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Pologne, Slovaquie), opposés aux quotas de répartition de réfugiés instaurés pour deux ans lors du pic de 2015 (plus de 1,26 million de demandes d'asile déposées dans l'UE). Mais elles dépassent aujourd'hui ce cercle restreint.

«La donne a changé»

L'UE «était au départ très divisée entre l'Est et l'Ouest, mais la donne a changé», remarque Elena Sanchez Montijano, membre du groupe de réflexion espagnol CIDOB, soulignant les succès électoraux des discours anti-migrants dans plusieurs pays, dont l'Italie et l'Autriche, où l'extrême droite participe au pouvoir.

Et en Allemagne, la chancelière Angela Merkel, qui avait incarné en 2015 la politique des bras ouverts aux réfugiés, «connaît aujourd'hui une grave crise interne» sur ce thème face à son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, ajoute l'analyste interrogée par l'AFP. C'est précisément avec le ministre allemand et avec son homologue italien que le chancelier autrichien Sebastian Kurz dit vouloir bâtir un «axe des volontaires» contre l'immigration irrégulière.

L'Autriche, qui prend la présidence tournante de l'UE le 1er juillet, a annoncé qu'elle concentrerait ses efforts sur la poursuite de toutes les mesures permettant la «protection des frontières extérieures». Vienne a aussi confirmé travailler avec d'autres comme le Danemark sur un projet qui semblait jusqu'alors exclu par les Européens: la création de centres d'accueil des migrants à l'extérieur de l'Union, où seraient distingués demandeurs d'asile légitimes et migrants économiques à renvoyer.

«Bien que le nombre d'arrivées ait fortement chuté (ndlr: 35’000 environ sur les côtes européennes depuis début 2018), l'importance politique du sujet a augmenté dans certains pays», relève Stefan Lehne, de la Fondation Carnegie Europe.
«Attiser la peur des migrations est au coeur du modèle d’affaires» des populistes, en progression dans plusieurs pays et qui «ont tout intérêt à préserver une atmosphère d'insécurité», dit-il à l'AFP.

«Fermer les portes»

Dans ce contexte politique, il n'y a plus qu'un seul consensus possible, c'est de dire: «On va renforcer la frontière extérieure, prendre des mesures d'éloignement et éventuellement externaliser», constate M. Pascouau.
«Tout le reste, ce n'est plus sur la table», selon l'expert, en référence aux négociations pour réformer le Règlement Dublin, qui confie la charge de l'asile aux pays de première entrée comme l'Italie et la Grèce.

Ces discussions tendues, qui étaient censées trouver un épilogue lors du sommet européen des 28-29 juin à Bruxelles, continuent de buter sur des mesures de répartition des demandeurs d'asile dans l'Union, que la Commission européenne propose d'instaurer en cas de crise. Cette «proposition de la Commission est essentiellement morte», prédit Stefan Lehne, ce qui renforce la conviction des pays pour qui «la meilleure option est d'empêcher les migrants d'arriver dans les ports».

Quelques jours avant la crise de l'Aquarius, le secrétaire d'Etat belge à la migration Theo Francken s'était dit «convaincu que si toutes les portes étaient fermées, tous les pays seraient d'accord pour faire preuve de plus de solidarité» entre eux. «C'est ce que l'Italie a fait», résume Yves Pascouau.

(afp)