Finale de NHL

16 juin 2011 09:17; Act: 16.06.2011 18:43 Print

Vancouver mis à feu et à sang par des vandales

Vancouver comptait jeudi matin ses blessés, les voitures calcinées et les vitrines brisées après les violences qui ont suivi la défaite de l'équipe locale de hockey face à Boston en finale de NHL.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Les télévisions et les réseaux sociaux ont montré rapidement de nombreuses scènes d'affrontements, incendies, destructions et pillages qui contrastaient brutalement avec le souvenir de Vancouver, ville olympique élégante, accueillante et sereine, qui s'était imposée au monde entier lors des Jeux d'hiver en 2010.

Selon les premières estimations des hôpitaux, cités par les médias canadiens, quelque 150 personnes ont été blessées.

Certaines l'ont été dans des chutes et des bousculades avec la police, mais d'autres par des coups de couteau, lors des incidents qui ont commencé dans le centre ville dès avant la fin du match, septième et dernière rencontre de la Coupe Stanley, trophée qui récompense le champion de la NHL:

Pillages

La défaite des Canucks de Vancouver (4-0) devant les Boston Bruins s'est rapidement dessinée, et la frustration des supporters a explosé. Certains semblaient d'ailleurs tout autant amateurs de violence et de pillage que de hockey: ils avaient apporté leurs cagoules pour dissimuler leurs visages.

Il n'empêche, des dizaines d'entre eux figuraient, le visage découvert, dans les vidéos et sur les photos diffusées par les médias. La police a appelé le public à lui communiquer de telles images pour identifier les vandales.

Plusieurs magasins - dont celui de La Baie, un monument du commerce canadien - ont été pillés, les voleurs emportant montres en or, téléphones portables ou parfums.

«Il n'y a pas un seul endroit dans le centre marchand de la ville qui ait été épargné. Partout, les vitrines ont été brisées, les dégâts sont très étendus», a déclaré Bill Glass, président de l'association de promotion de Vancouver.

«Extrêmement décevant»

«Quelle image on donne de notre ville», a dit avec colère un supporter, Ajay Parmar, portant le maillot des Canucks, en regardant des jeunes briser la vitrine d'un café. «Et c'est à nous, les contribuables, de payer tous ces dégâts», a ajouté son amie, Gurmail Saroya. «C'est révoltant».

Environ 100'000 personnes avaient convergé vers le centre de la métropole canadienne de la côte du Pacifique pour suivre le match sur des écrans géants tout autour du stade, rempli à pleine capacité.

Une douzaine de voitures, dont deux de la police, ont été renversées et certaines incendiées, tout comme les poubelles et les kiosques à journaux. Les casseurs, les policiers et les preneurs d'images se côtoyaient et se bousculaient dans les rues du centre, sur fond de flammes et de fumées.

La police portant l'équipement anti-émeute - casques, boucliers et grandes matraques - a dû utiliser des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, des chiens et des chevaux pour disperser les émeutiers et les pillards. «C'est extrêmement décevant», a réagi le maire Gregor Robertson

Des incidents similaires s'étaient déjà produits en 1994, après une défaite des Canucks lors de la Coupe Stanley. Les dommages avaient alors été estimés à plus d'un million de dollars. Ils devraient être plus importants cette fois-ci.

Mais visiblement les responsables de la ville et de la police ne s'attendaient pas à de tels débordements. Beaucoup de spectateurs ayant assisté au début des violences estimaient que la police a mis beaucoup de temps à intervenir. L'émeute et les pillages ont duré plus de deux heures.

Jeudi matin, des balayeurs commençaient à enlever les éclats de verre qui tapissaient les trottoirs devant les vitrines brisées.

(ats)