Grèce

11 mai 2012 19:47; Act: 11.05.2012 22:12 Print

Vénizélos échoue à former un gouvernement

Le socialiste Evangélos Vénizélos a connu un échec dans sa tentative de formation d'un gouvernement.

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Evangélos Vénizélos (gauche) ici avec le conservateur Antonis Samaras. (Photo: Keystone)

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Le dirigeant socialiste grec Evangélos Vénizélos a admis son échec vendredi soir à former un gouvernement de coalition en Grèce, après avoir essuyé le refus d'Alexis Tsipras, dirigeant du parti de Gauche radicale Syriza, de participer à un exécutif pro-rigueur. C'est désormais au tour du président grec d'empoigner le problème.

«Je vais informer demain (samedi) après-midi le président de la République Carolos Papoulias et j'espère que lors d'une réunion sous son égide, chaque parti va assumer ses responsabilités», a déclaré M. Vénizélos à la presse à l'issue de sa rencontre avec M. Tsipras.

M. Vénizélos remettra samedi son «mandat exploratoire» au président Papoulias, qui devrait ensuite, selon la constitution, convoquer une réunion de l'ensemble des partis pour une ultime tentative de formation d'un gouvernement de consensus.

Le dirigeant socialiste, dont le parti est arrivé en troisième place lors du scrutin de dimanche, sanctionné pour la politique de rigueur imposée en échange des prêts internationaux destinés à sauver le pays de la faillite, a jeté l'éponge, comme l'avaient fait avant lui, M. Tsipras et Antonis Samaras, chef du parti conservateur, Nouvelle-Démocratie (ND).

Premier parti de Grèce, la droite n'a toutefois pas pu obtenir la majorité avec seulement 18,85% des voix, soit 108 députés sur les 300 du parlement. En deuxième place, Syriza a obtenu 16,78%, soit 52 députés.

Selon la constitution, les trois partis avaient chacun un délai de trois jours pour tenter de nouer des alliances en vue d'un gouvernement de coalition.

Syriza refuse de s'allier avec les pro-rigueur

M. Vénizélos misait sur la participation du Syriza au gouvernement après l'accord qu'il avait obtenu jeudi de M. Samaras et de Fotis Kouvelis, chef du parti Dimar, une faction de Syriza, pour un gouvernement de coalition.

Mais M. Tsipras a rejeté cette proposition en accusant les trois partis de s'aligner sur la politique de rigueur.

«Ce n'est pas le Syriza qui renonce» à participer à un gouvernement des forces pro-rigueur mais «c'est le verdict du peuple grec», a dit M. Tsipras, à l'issue de sa rencontre avec M. Vénizélos.

«Nous sommes devant une ligne commune de trois partis qui demandent l'application de la politique pro-austérité avec un alibi de gauche», a souligné le dirigeant de la Gauche radicale.

M. Tsipras a accusé le petit parti de la Gauche démocratique (Dimar) de s'être aligné avec la proposition de M. Vénizélos. Fotis Kouvélis avait envisagé une participation au gouvernement avec socialistes et conservateurs pro-rigueur à condition que le Syriza les rejoignent.

Bruxelles commente

Plongée dans une crise politique depuis le scrutin de dimanche, la Grèce inquiète ses partenaires européens et se trouve de nouveau à l'origine de la nervosité des marchés internationaux depuis cinq jours.

Le président de l'Union Européenne (UE) Herman Van Rompuy a appelé les dirigeants grecs à être responsables et à respecter les engagements d'Athènes, à l'issue d'une conférence sur la croissance en Europe vendredi à Copenhague.

«Nous devons l'expliquer aux électeurs et à nos populations davantage que nous ne l'avons fait. La solution à la crise, ce n'est pas moins d'Europe, la solution à la crise sera toujours plus d'Europe», a-t-il ajouté.

Allemagne agacée

Face à la menace de renoncer au programme d'austérité, l'Allemagne a fait part de son agacement. «Nous devons être sincères (...) et dire à nos amis et partenaires grecs qu'il n'y a pas d'autre voie que la voie choisie ensemble» a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble dans un entretien à quotidien allemand publié vendredi.

La «zone euro peut supporter une sortie de la Grèce», a-t-il insisté, estimant que les partenaires d'Athènes avaient «déjà fait beaucoup» en montant en sa faveur deux plans de sauvetage prévoyant au total le déblocage entre 2010 et 2014 de prêts de 240 milliards d'euros.

(afp)