Amérique latine

18 novembre 2019 02:50; Act: 18.11.2019 02:50 Print

Vers des élections «très vite» en Bolivie

Le gouvernement par intérim a promis dimanche la convocation rapide d'élections alors que les tensions restent vives en Bolivie.

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L'ancien président bolivien Evo Morales, qui était depuis près d'un mois au Mexique pour y obtenir l'asile politique, s'est rendu en voyage à Cuba vendredi. (6 décembre 2019) Un rapport d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) a conclu mercredi à une «manipulation délibérée» de l'élection présidentielle du 20 octobre en Bolivie. (Jeudi 5 décembre 2019) «Aujourd'hui, la ministre Karen Longaric a désigné le nouvel ambassadeur (...) auprès du gouvernement des Etats-Unis, Walter Oscar Serrate», a écrit la Chancellerie sur son compte Twitter. (26 novembre 2019) Le parquet bolivien a lancé lundi un mandat d'arrêt contre Juan Ramon Quintana, qui était le bras droit de l'ancien président Evo Morales et que le nouveau pouvoir accuse de «sédition» et de «terrorisme». (25 novembre 2019) Un projet de loi encadrant la tenue d'élections présidentielle et législatives a reçu l'aval des sénateurs boliviens samedi. Il interdit à l'ancien président Evo Morales de se porter candidat. (Samedi 23 novembre 2019) Pour la première fois depuis le début de la crise, le gouvernement provisoire de Bolivie et les différentes factions qui le contestent débuteront samedi un dialogue. (Samedi 23 novembre 2019) La police bolivienne a dispersé un imposant cortège funéraire qui a tourné à la manifestation anti-gouvernementale dans le centre de La Paz. (Jeudi 21 novembre 2019) Des heurts entre l'armée bolivienne et des manifestants acquis à la cause du président déchu ont fait des morts près de La Paz. (Mardi 19 novembre 2019) Les partisans de l'ex-président de gauche bolivien Evo Morales manifestaient pour exiger le départ de la présidente par intérim de droite. L'influente Église catholique a elle appelé au «dialogue» pour pacifier le pays sud-américain. (Lundi 18 novembre 2019) Le gouvernement par intérim a promis dimanche la convocation rapide d'élections alors que les tensions restent vives en Bolivie. (17 novembre 2019) Le «blocage» des pro-Morales provoque des pénuries à La Paz. (Dimanche 17 novembre 2019) Les manifestations de samedi ont fait quatre morts. (Samedi 16 novembre 2019) Des affrontements opposent des partisans d'Evo Morales aux forces de l'ordre depuis que la sénatrice de droite Jeanine Añez a pris le pouvoir. (Samedi 16 novembre 2019) La crise qui secoue la Bolivie depuis fin octobre a fait 23 morts lors des manifestations. (Samedi 16 novembre 2019) La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie. (Samedi 16 novembre 2019) Cinq cultivateurs de coca partisans du président bolivien déchu Evo Morales ont été tués vendredi au cours d'affrontements avec la police et l'armée à Cochabamba, dans le centre du pays. (Samedi 16 novembre 2019) Les partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz (14 novembre 2019). Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Supporters of Bolivian ex-President Evo Morales demonstrate in La Paz on November 14, 2019. - Bolivia's exiled former president Evo Morales said Wednesday he was ready to return to 'pacify' his country amid weeks of unrest that led to his resignation. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

Une faute?

La présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, a annoncé dimanche la convocation d'élections «transparentes» «très vite», alors que la situation restait tendue dans le pays, entre un pouvoir qui parle de désescalade et l'ex-président Evo Morales qui évoque des «crimes contre l'humanité».

«Nous donnerons très vite des nouvelles sur notre mandat principal: la convocation d'élections transparentes», a déclaré Jeanine Añez dans un discours au siège du gouvernement à La Paz. Elle n'a pas fourni d'autres précisions, mais dit que l'annonce à venir chercherait «à récupérer la crédibilité démocratique de notre pays».

Jeanine Añez, une parlementaire de droite de 52 ans, a accédé à la présidence mardi, en tant que deuxième vice-présidente du Sénat, alors que les occupants des fonctions supérieures à la sienne prévues pour remplacer le président avaient démissionné de leur mandat.

Evo Morales, qui était le chef de l'État depuis 2006, avait démissionné le dimanche précédent, lâché par l'armée, et s'est ensuite exilé au Mexique. Le dirigeant socialiste affrontait des protestations de l'opposition, qui l'ont accusé d'avoir mis en place une fraude à l'élection du 20 octobre, où il s'est dit élu dès le premier tour.

Jeanine Añez a eu un entretien avec un représentant de l'Union européenne, Leon de la Torre, qui s'est dit optimiste en raison d'«avancées dans la table ronde» avec des partisans d'Evo Morales, sans préciser lesquels. Selon la Constitution, c'est le Congrès qui doit élire les sept membres du nouveau Tribunal suprême électoral (TSE).

Des parlementaires du côté du parti d'Evo Morales, le MAS, qui détient la majorité dans les deux chambres, ont proposé aux autres groupes politiques une réunion lundi afin de «pacifier ce pays», selon la députée MAS Betty Yañiquez.

Bilans différents

En attendant, les tensions restent vives. Depuis fin octobre et le début de la crise dans ce pays andin, au moins 23 personnes ont trouvé la mort dans des violences, selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

Le foyer le plus intense se concentre dans la région de Cochabamba (centre), fief d'Evo Morales. Vendredi, neuf cultivateurs de coca pro-Morales sont morts dans des heurts avec les forces de l'ordre à Sacaba, près de Cochabamba, selon un bilan fourni par la CIDH samedi.

Dans un tweet dimanche, Evo Morales a exhorté le «gouvernement de facto» à identifier les «auteurs intellectuels et matériels des 24 morts en 5 jours par la répression policière et militaire», avançant donc un autre bilan. «Je dénonce devant la communauté internationale ces crimes contre l'humanité qui ne doivent pas rester impunis», a-t-il ajouté depuis son exil mexicain.

Le gouvernement de Jeanine Añez a avancé de son côté un bilan de 5 morts.

Dimanche, le nouveau chef de la police bolivienne, le colonel Rodolfo Montero, a affirmé que «quelques heurts» avaient encore lieu à Cochabamba, mais que leur «intensité» allait «en diminuant». «Le nombre de foyers de conflit s'est réduit de moitié» par rapport au début de la semaine, a renchéri le ministre de l'Intérieur par intérim et ancien sénateur de droite Arturo Murillo. Cet ex-sénateur de droite a également évoqué l'idée que les producteurs de coca s'affrontaient eux-mêmes afin d'augmenter le nombre de victimes, car au moins un mort «apparaît avec une balle dans la nuque».

Pénuries

Depuis mardi, les partisans de l'ex-président manifestent tous les jours, notamment à La Paz. Le blocage de la route qui relie la capitale administrative au centre et à l'est du pays, où se concentre la production agricole entraîne des pénuries.

Pour soulager La Paz, le gouvernement a envoyé 35 tonnes de viande par avion depuis le centre de la Bolivie. Et le chef de cabinet de la présidence, Jerjes Justiniano, a promis dimanche l'envoi de 25 tonnes de poulet dans les prochains jours. Il y a un manque de carburant également avec le blocage de la raffinerie de Sanketa, près d'El Alto, qui fournit toute la région de La Paz en essence et en gaz.

Six syndicats de producteurs de coca de la région du Chapare, fief d'Evo Morales, ont exigé samedi soir la démission de Jeanine Añez «dans un délai de 48 heures».

Par ailleurs, les quatre membres de la brigade médicale cubaine détenus depuis mercredi à La Paz ont été relâchés dimanche et renvoyés à Cuba.

(nxp/afp)