Présidentielle au Mexique

02 juillet 2018 03:06; Act: 02.07.2018 07:48 Print

Victoire d'«Amlo», champion de la gauche

Andrés Manuel López Obrador, le candidat de la gauche surnommé «Amlo», a remporté dimanche la présidentielle mexicaine.

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Andrés Manuel López Obrador salue ses partisans le 1er juillet 2018 à Mexico. (Photo: Keystone)

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Andrés Manuel López Obrador, qui a promis un «changement radical», a obtenu dimanche une large victoire lors de l'élection présidentielle au Mexique. Il offre un premier succès historique à la gauche dans ce pays.

Amlo a obtenu entre 53% et 53,8% des voix selon une estimation officielle de l'Institut national électoral mexicain (INE). Lorenzo Cordova, president de l'INE, a annoncé dans un message que Lopez Obrador devançait le conservateur Ricardo Anaya, crédité d'entre 22,1% et 22,8% des voix et devant José Antonio Meade, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir, crédité entre 15,7% et 16,3% des voix.

José Antonio Meade et Ricardo Anaya Cortés ont reconnu leur défaite. Andrés Manuel López Obrador, un vétéran de gauche, surnommé «Amlo», qui se présentait pour la troisième fois à la présidence, sera le premier chef d'Etat de gauche du Mexique depuis des décennies. Il a mis fin à l'hégémonie exercée par le PRI et le parti d'action nationale (PAN, droite).

Le président américain Donald Trump a félicité dimanche le vainqueur et s'est dit «prêt à travailler» avec le nouveau chef d'Etat mexicain. «Il y a beaucoup à faire pour le bien à la fois des Etats-Unis et du Mexique!», a tweeté le président Trump dont la politique commerciale et sur l'immigration a plongé les relations avec son voisin mexicain au plus bas de leur histoire.

Lopez Obrador lui a répondu qu'il souhaitait une relation d'«amitié et de coopération» avec les Etats-Unis, après avoir promis au pays «des changements profonds» et «sans dictature».

Second malheureux aux précédents scrutins présidentiels de 2006 et 2012, M. López Obrador bénéficiait d'une très large avance dans les sondages. Il se présentait comme le seul candidat capable de redorer le blason d'une classe politique discréditée par la corruption et par son incapacité à relancer la croissance économique et à endiguer le crime.

Gauchiste, populiste, nationaliste

Le président sortant Enrique Peña Nieto ne pouvant se représenter, le PRI à l'image ternie a choisi pour la première fois un candidat hors de ses rangs pour le représenter en la personne de José Antonio Meade, 49 ans. Celui-ci a occupé divers postes ministériels sous les gouvernements du PRI ou du PAN, notamment les finances et les affaires étrangères.

Cherchant à rallier le soutien des partisans du nationalisme économique et des progressistes de gauche, AMLO a promis de combattre les inégalités, d'améliorer les salaires et les aides sociales, sans faire déraper le budget.

Qualifié tour à tour de gauchiste, populiste ou nationaliste, voire, par ses détracteurs, de socialiste destructeur à la Hugo Chávez (l'ancien président vénézuélien, NDLR), M. Obrador a mis en avant son équipe de conseillers pour rassurer Wall Street et dire aux investisseurs américains qu'il ne mettra pas l'économie mexicaine à genoux.

Mais il a également évoqué la possibilité d'organiser des référendums pour résoudre les questions controversées, notamment sur la poursuite de l'ouverture du secteur pétrolier et gazier au capital privé.

Relation avec Trump

Le nouveau président du Mexique hérite d'une relation difficile avec son homologue américain Donald Trump sur les deux dossiers chauds du commerce et de l'immigration. Les discussions sur la réforme de l'accord de libre-échange nord-américain (ALENA) se sont enlisées tandis que le président américain insiste pour que ce soit le Mexique qui paie pour le mur qu'il veut construire le long de la frontière entre les deux pays dans le but d'empêcher l'immigration illégale.

La coalition menée par M. López Obrador semblait également en bonne voie pour enregistrer une large victoire, et obtenir au moins cinq postes de gouverneurs sur les neuf en jeu. Son parti était en tête dans les Etats du Veracruz, Morelos, le Chiapas, Tabasco ainsi que dans la capitale, où la victoire de Claudia Sheinbaum, une fidèle d'Amlo, était annoncée, d'après des sondages de sortie d'urne.

(nxp/ats)