Affaire Vincent Lambert

20 mai 2019 23:13; Act: 21.05.2019 13:35 Print

La justice ordonne la reprise des traitements

La justice française a ordonné lundi soir la reprise des traitements du patient en état végétatif Vincent Lambert.

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Les avocats des parents de Vincent Lambert sont attendus mardi matin au centre hospitalier de Reims pour vérifier la reprise, au moins provisoire, des traitements de ce tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, ordonnée, à la surprise générale, par la cour d'appel de Paris.

Cet énième coup de théâtre, intervenu lundi soir dans une affaire qui a déjà connu de nombreux rebondissements judiciaires depuis 2013 et en connaîtra probablement d'autres, a été fêté par la mère de Vincent Lambert, Viviane, qui a salué auprès de l'AFP «une très grande victoire», tandis que son neveu François, favorable à l'arrêt des traitements, a dénoncé du «sadisme pur».

La nouvelle est tombée en pleine marche parisienne réunissant plusieurs centaines de personnes réclamant «la vie pour Vincent». Une énorme clameur a retenti quand l'un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone: «On a gagné ! C'est la remontada !»

«Jérôme Triomphe et moi-même irons dès demain matin à Reims pour nous assurer que l'alimentation et l'hydratation seront effectivement reprises», a ajouté son collègue, Me Jean Paillot, soulignant qu'il ne s'agissait que d'une« décision provisoire» d'une «durée de six mois, permettant au comité de l'ONU d'étudier le dossier».

De fait, la cour d'appel de Paris a «ordonné à l'Etat français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l'alimentation et l'hydratation» de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l'AFP.

Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de surseoir à l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que la suspension de l'arrêt des traitements préconisée par le CIDPH «est dépourvue de caractère contraignant», mettant en avant le «droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable». Le CHRU de Reims avait déjà lancé puis stoppé deux procédures d'arrêt des soins, l'une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l'autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon en 2015.

«Une affaire qui dépasse» Vincent Lambert

La nouvelle interruption des traitements, couplée à la mise en oeuvre d'une «sédation profonde et continue», avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le docteur Vincent Sanchez en avril 2018, soutenue par une partie de la famille dont son épouse Rachel Lambert et validée par le Conseil d'Etat fin avril.

Jusqu'à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents -Cour européenne des droits de l'Homme, tribunal administratif- avaient échoué. Et le président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l'implorer d'intervenir, avait répondu lundi qu'il ne lui «appartenait pas de suspendre» l'arrêt des traitements, décidé, «en conformité avec nos lois», à quelques jours des élections européennes.

La famille est coupée en deux camps, d'un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l'arrêt des traitements, de l'autre autour de son épouse Rachel et son neveu François, qui entendent mettre fin à cet «acharnement thérapeutique» et affirment que l'ex-infirmier avait pris position contre tout acharnement thérapeutique. Vincent Lambert n'a pas laissé de directive anticipée écrite.

«C'est une très grande victoire !»

Une scission familiale encore nettement perceptible lundi soir. «On était en train d'éliminer Vincent ! C'est une très grande victoire ! Ils vont le réalimenter et lui redonner à boire. Pour une fois, je suis fière de la justice», jubilait sa mère. «On nous refait le coup tout le temps. Il y a une jouissance de la part de ceux qui font tous ces recours. C'est du sadisme pur de la part du système médico-judiciaire», dénonçait au contraire François Lambert. Face à cette décision «incroyable» de la cour d'appel, il a évoqué auprès de l'AFP un possible pourvoi en cassation du CHRU.

Président de l'association du Droit à mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero a déploré lundi soir «un acharnement des parents, Vincent Lambert se retrouvant au milieu d'une affaire qui le dépasse».

«J'espère qu'à la suite de ce jugement (...) on transférera enfin et rapidement Vincent Lambert dans un service adapté aux personnes en état paucirelationnel (état de conscience minimal ndlr). Il n'a rien à faire au CHU de Reims», a réagi pour sa part sur Twitter la psychologue Marie de Hennezel, spécialiste de l'accompagnement de la fin de vie.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Carmen le 21.05.2019 06:15 Report dénoncer ce commentaire

    Vincent

    mais c'est pas possible.il faut vraiment le laisser partir dans la tranquillité et la sérénité

  • Sarah le 21.05.2019 06:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pitoyable

    Mais c'est du grand n'importe quoi là!!! Un coup oui, un coup non. Stop l'acharnement ! Prenez une décision et maintenez là ! On hallucine là, c'est digne d'un feuilleton à 2 balles là.... c'est inhumain là, vraiment ! Pauvre Vincent

  • Marie Soleil le 21.05.2019 06:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre famille

    N'importe quoi! On ne peut prendre une décision une bonne fois pour toutes??

Les derniers commentaires

  • Pmb le 23.05.2019 17:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Manque d'informations

    Difficile de se faire une idée concrète de la situation lorsque l'on a que les informations des médias.

  • du cancer. le 22.05.2019 20:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    un malade

    la solution est très simple envoyez donc la facture de 10 ans de traitement à ses parents. si vous aimez vraiment votre fils svp laissez le rentrer au paradis.

  • Scandalisee le 22.05.2019 20:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ....

    Sérieux?? Ce pauvre homme balloter par des personnes qui savent plus à quoi s'accrocher. Justice prenez une décision et tenez vous à celle-ci. Il a plus aucune possibilité de faire des choix pour lui mais svp pensez à sa fille et à sa dignité à lui

  • Adrian Jaquet le 21.05.2019 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Faites vos directives

    Vincent a besoin que de manger, boire et d'amour... dixit sa mère. Elle est qui pour imposer ce nouveau rythme de vie ? Sait elle ce que lui voulait vraiment? Car je doute que nul Personne sur terre ne veuille que ça comme vie ... et d'être prisonnier de son corps et de ne pas pouvoir interagir sans cette saga judiciaire. Et où est aussi la cohérence de lui annoncer pour la énième fois l'arrêt des soins alors qu'à chaque fois on fait recours, appel de ces décisions pour s'acharner un peu plus A vos directives anticipées si vous voulez vivre dignement jusqu'à la fin !!!

  • maumau le 21.05.2019 18:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sortir de l'hôpital

    l'hôpital est réservé aux soins aigus, la prise en charge de ce patient reléve d' une structure plus simple et moins couteuse voire de soins à domicile..