Violences sexuelles

24 mai 2019 23:16; Act: 24.05.2019 23:18 Print

Vingt-et-un pays promettent 363 millions

La communauté internationale s'est engagée vendredi à Oslo à verser 363 millions de dollars à la lutte contre les violences sexuelles.

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L'actrice Sand Van Roy à Cannes le 19 mai 2019. (Photo: AFP)

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Promis par 21 pays donateurs à l'issue d'une conférence sur les violences sexuelles et sexistes organisée dans la capitale norvégienne, ces engagements doivent être versés en 2019, 2020 «et au-delà», a détaillé l'ONU.

Selon le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock, quelque 660 millions de dollars sont nécessaires cette année pour financer les programmes de lutte contre les violences sexuelles.

«La violence à caractère sexuel et sexiste détruit les personnes, elle détruit les communautés locales et il est extrêmement difficile de réparer les dégâts», a déclaré la cheffe de la diplomatie norvégienne, Ine Eriksen Søreide. «C'est pour cela qu'il faut faire plus en matière de prévention», a-t-elle plaidé. A lui seul, le riche pays scandinave a promis un milliard de couronnes (102,5 millions d'euros) entre 2019 et 2021.

Obstacle à la résolution de défis

«La violence contre les femmes et les jeunes filles est enfin reconnue non seulement comme une violation grave des droits de la femme mais aussi comme une épidémie de santé publique et un obstacle à la résolution des défis globaux tels que l'extrême pauvreté, le VIH sida et la gestion des conflits», a souligné le gynécologue congolais Denis Mukwege.

«Il ne s'agit plus d'une crise humanitaire, mais plutôt d'une crise de notre humanité», a ajouté le colauréat du prix Nobel de la paix 2018.

Juger les coupables

La plupart des participants ont insisté sur l'importance de la prévention et de la lutte contre l'impunité.

«Quand j'ai commencé à travailler dans les crises humanitaires à travers le monde il y a plus de 35 ans, personne ne parlait de la violence à caractère sexuel et sexiste. Ce n'est pas parce qu'il n'y en avait pas. Il y en avait. Mais c'était une horreur cachée», a confié M. Lowcock.

Une femme sur trois dans le monde subit au cours de son existence des violences sexuelles ou sexistes, selon les estimations de l'ONU, un phénomène exacerbé en période de crises humanitaires.

Résolution amputée de sa substance

Fin avril, le Conseil de sécurité avait approuvé une résolution en faveur des victimes sexuelles largement amputée de sa substance par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. En recul sur l'avortement et opposés à la Cour pénale internationale, les Etats-Unis avaient notamment fait retirer des mentions liées aux droits sexuels et reproductifs et rejeté la création d'un «mécanisme» facilitant la poursuite en justice des auteurs de violences sexuelles.

(nxp/ats)