Violences du 1er mai

19 février 2019 21:53; Act: 20.02.2019 04:45 Print

Benalla a été placé en détention provisoire

L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a été placé ce mardi soir en détention provisoire pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire.

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Alexandre Benalla passe une première nuit en prison: un juge a décidé mardi de placer en détention provisoire l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, dans l'enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris.

L'ex-chargé de mission de l'Élysée avait été convoqué mardi matin au tribunal de Paris par les juges d'instruction, tout comme son ami Vincent Crase, ancien employé de la République en marche, lui aussi mis en examen.

Le 31 janvier, Mediapart avait publié des enregistrements clandestins d'une conversation entre les deux hommes, datant du 26 juillet, soit quatre jours après leur mise en examen et alors que la justice leur avait interdit d'entrer en contact.

Suivant les réquisitions du parquet, les magistrats instructeurs ont choisi de saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) qui a ordonné le placement en détention provisoire de M. Benalla, a indiqué une source judiciaire. Le cas de M. Crase devait être étudié dans la foulée.

«Il n'y a pas de justification à cette révocation», a réagi, à l'issue de l'audience devant le JLD, l'avocate d'Alexandre Benalla, Me Jacqueline Laffont, annonçant qu'elle avait interjeté appel de cette décision.

Rapport sénatorial mercredi

Un référé-liberté, une procédure pour tenter d'obtenir une remise en liberté de façon plus rapide que par la voie de l'appel, a également été déposé, a précisé Me Laffont.

«On l'incarcère aujourd'hui pour une prétendue concertation qui aurait eu lieu il y a sept mois. Tout cela est ridicule», a ajouté l'avocate.

La défense d'Alexandre Benalla conteste la légalité des enregistrements publiés par Mediapart, estimant leur origine douteuse car ne provenant selon elle ni d'écoutes judiciaires, ni d'écoutes administratives.

Ses avocats ont déposé une plainte le 14 février pour «détention illicite d'appareils ou dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interceptions", "atteinte à l'intimité de la vie privée», «atteinte à la représentation de la personne» et «faux», selon une source proche du dossier. Vincent Crase a lui aussi porté plainte par le biais de son avocat.

Cette contre-offensive intervenait alors que le parquet de Paris a chargé le 4 février la Brigade criminelle d'une enquête pour «atteinte à l'intimité de la vie privée» et «détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations». Autrement dit pour identifier les conditions et l'origine de ces mystérieuses captations.

Rebondissements

Depuis sept mois, l'affaire n'en finit pas d'empoisonner l'exécutif. Partie des révélations du Monde en juillet sur des violences du 1er mai, elle a connu de multiples rebondissements.

En janvier, Alexandre Benalla a de nouveau été mis en examen pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement.

Puis, le 7 février, le Parquet national financier a confirmé avoir ouvert une enquête sur un contrat signé entre Vincent Crase et un sulfureux oligarque russe, dans lequel l'ancien conseiller du président Macron aurait joué le rôle d'intermédiaire. Selon Mediapart, ces investigations visent des soupçons de corruption.

Alors que l'Élysée était déjà dans la tourmente, l'affaire des enregistrements de Mediapart a touché Matignon: le 7 février, la cheffe de la sécurité du Premier ministre, Marie-Élodie Poitout, a présenté sa démission après des rumeurs selon lesquelles cette conversation aurait eu lieu chez elle.

Celle-ci a expliqué avoir rencontré avec son compagnon Chokri Wakrim M. Benalla fin juillet à leur domicile, mais assuré ne pas connaître M. Crase et n'avoir «aucun lien avec les enregistrements».

Mercredi, la commission sénatoriale d'enquête, qui a été constituée après les violences du 1er mai, doit rendre publiques ses conclusions sur les dysfonctionnements dans les services de l'État qui ont pu émailler cette affaire.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Inutile le 19.02.2019 15:25 Report dénoncer ce commentaire

    A quoi bon encore en parler ?

    Pk parler d'un mec dont on sait pertinament qu'il sera relâché au vu de son entourage ! Inutile de continuer de parler de ça.

  • Cat le 19.02.2019 15:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Chantier

    Ben à la benne! Point final.

  • F.Politico le 19.02.2019 16:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    votez pour lui

    aux européennes les français doivent voter Benalla C est un menteur, un opportuniste, il a une grand gueule, du culot, il présente bien, il est bon en bizness, c est un bel exemple de la "diversité " intégrée il a des relations . Bref le type même de l homme politique parfait

Les derniers commentaires

  • Amateur le 20.02.2019 09:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un exemple de justice !!

    Pathétique défense de la part des avocats !! « On incarcère pour une prétendue concertation qui a eu lieu il y a 7 mois... » On rêve !! Il avait interdiction de rencontrer les protagonistes de l'affaire, il n'a rien respecté, grâce au magnifique travail de Mediapart et leur enregistrement, la justice doit être ferme, pour qui ce Bengazoil ce prend t'il ?? Marre de ces profiteurs du pouvoir !! Macron, pardon, Jupiter pourra lui envoyer un message de soutiens !!! À Genève avec Maudet, c'est encore plus laxiste !! Bravo à la justice française !! Un Suisse !!

  • Xavier le 20.02.2019 07:38 Report dénoncer ce commentaire

    ....

    Ça n'a pas de sens. Enfermer une personne après 8 mois cela tient d'une exécution politique. N'oublions pas que c'est pour soi-disant l'empéché d'entrer en contact avec cet ancien gendarme. Mais les fins limiers du sénat vont rendre leur rapport...lol Jeecrois que pour eux ce n'est pas le contenu mais il s'agit surtout d'avoir son nom sur la dernière page pour se donner de l'importance. Je crois que le fin mot de cette histoire c'était d'essayer d'attreindre Jupiter...lol Malheureusement pour ces Sénateurs il y a eu les gilets jaunes. Et ils sont retombés dans l'anonymat.

  • J'ai plus soif le 20.02.2019 07:28 Report dénoncer ce commentaire

    Êtres imbuvable

    Il fait partie de ces gens qui savent tout et qui quoi qu'il lui soit reproché à toujours la réponse, j'en ai aussi des commes ça dans ma propre famille.

  • Toto le 20.02.2019 07:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    l'homme

    l'homme est ainsi fait, menteur, manipulateur et malhonnête. Espérons qu'il soit jugé et condamné.

  • TeeBee le 20.02.2019 07:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin

    C'était le moment , ce mec s'est cru au dessus des lois et a fait preuve d'une incroyable arrogance. Au lieu de faire profil bas dès le début de l'affaire des manifestations, il a accumulé les délits à la chaîne au mépris de tous. Qu'il croupisse en prison quelques années pour que ses pieds retouchent le sol.