Libye

20 juillet 2014 12:07; Act: 20.07.2014 12:18 Print

Violents combats autour de l'aéroport de Tripoli

Des milices rivales se disputent le contrôle de l'aéroport depuis une semaine, sur fond de lutte d'influence, qui risque de plonger la Libye dans la guerre civile.

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L'aéroport de Tripoli est fermé depuis le début le 13 juillet d'une attaque menée par une alliance de milices islamistes et de la ville de Misrata (200 km à l'est de Tripoli). (Photo: Keystone/str)

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Ces nouveaux affrontements ont fait au moins un mort parmi les habitants du quartier de Qasr Ben Ghachir, à proximité de l'aéroport, tué dans la chute d'une roquette sur sa maison, selon des voisins. Aucun bilan officiel du nombre des victimes n'a été communiqué pour le moment.

L'aéroport de Tripoli est fermé depuis le début le 13 juillet d'une attaque menée par une alliance de milices islamistes et de la ville de Misrata (200 km à l'est de Tripoli). Leur objectif: chasser des brigades de Zenten, (170 km au sud-ouest de Tripoli) de l'aéroport que ces dernières contrôlent depuis 2011, comme plusieurs autres sites militaires et civils dans le sud de la capitale.

«L'aéroport a été attaqué ce matin aux obus de mortier, aux roquettes et aux canons de char. C'est l'attaque la plus violente» depuis le début de l'offensive il y a une semaine, a déclaré à l'AFP un responsable de la sécurité de l'aéroport, Al-Jilani Al-Dahech.

Avion libyen était en feu sur le tarmac

Il a précisé qu'un avion libyen était en feu sur le tarmac. Des photos publiées sur les réseaux sociaux montraient un appareil de la Libyan Airlines ravagé par les flammes, tandis que des colonnes de fumée s'élevaient au-dessus de l'aéroport. La compagnie nationale a déploré sur sa page Facebook la perte d'un Bombardier CRJ900.Les combats se sont étendus en fin de matinée à d'autres sites occupés par les Zentanis sur la route de l'aéroport où des explosions étaient entendues depuis le centre-ville, selon un journaliste de l'AFP.

Ces affrontements s'inscrivent dans le cadre d'une lutte d'influence politique entre libéraux et islamistes, mais aussi régionale entre les villes rivales de Zenten et de Misrata. Les Misratis ont affiché ouvertement jeudi leur soutien à l'opération baptisée «L'aube de la Libye» contre les Zentanis, envoyant des forces à Tripoli pour appuyer la milice originaire de la ville engagée dès dimanche dans les combats aux côtés des islamistes.

Un accord de cessez-le feu annoncé jeudi par la mairie de Tripoli était pourtant sur le point d'aboutir. Mais selon une source proche des négociations, l'implication de plusieurs milices incontrôlables dans les combats a empêché l'application de l'accord. Depuis le déclenchement des hostilités, des dizaines de roquettes ont été tirées sur l'aéroport, endommageant plusieurs installations ainsi que plus d'une dizaine d'avions libyens.

craintes d'un conflit plus large

Ces combats ont ravivé les craintes d'un conflit plus large alors que le pays attend toujours la proclamation des résultats des législatives du 25 juin. Annoncés pour ce dimanche, ils doivent être finalement communiqués lundi, selon la Haute commission électorale.

Selon des observateurs, le courant libéral aurait remporté plus de sièges que les islamistes, qui tentent ainsi de gagner militairement en influence, après avoir perdu sur le terrain électoral. Dépassées par les événements, les autorités libyennes ont indiqué la semaine dernière qu'elles envisageaient de faire appel à des forces internationales pour rétablir la sécurité dans le pays miné par l'anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

S'adressant au Conseil de sécurité de l'ONU à New York, le ministre libyen des Affaires étrangères Mohamed Abdelaziz a ainsi demandé jeudi l'aide de l'ONU pour former les forces de sécurité libyennes, afin qu'elles puissent protéger les infrastructures essentielles, notamment les aéroports et installations pétrolières. «Si la Libye devenait un Etat en déliquescence, aux mains de groupes radicaux et de seigneurs de guerre, les conséquences seraient profondes et peut-être irréversibles», a-t-il dit.

Face à la faiblesse des autorités, un général dissident, Khalifa Haftar, a lancé à la mi-mai une offensive depuis l'est du pays contre les groupes islamistes qualifiés de «terroristes». Depuis, la ville de Benghazi (est) le théâtre de combats quotidiens entre combattants islamistes et forces paramilitaires du général Haftar, accusé par les islamistes de mener un coup d'Etat.

(afp)