Inde

25 février 2020 15:00; Act: 26.02.2020 07:10 Print

Visite de Trump assombrie par des violences

Alors que le président américain était reçu en grande pompe par son homologue indien, des émeutes ont fait treize morts et 150 blessés dans la capitale.

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Des violences secouent New Delhi pendant la visite de Trump. (Photo: Keystone/AP/Bikas das)

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Le président américain Donald Trump a conclu mardi sans avancée concrète une fastueuse visite de deux jours en Inde. Son déplacement a été assombri par les violences intercommunautaires meurtrières qui secouent New Delhi.

Le bilan des violences s'est alourdi à 13 morts, a annoncé mardi soir à l'AFP un responsable de l'hôpital de la zone affectée par les émeutes depuis dimanche.

150 personnes ont été blessées, dont une dizaine se trouvent dans un état critique. «La plupart des décès ont été causés par des armes à feu», a déclaré le docteur Rajesh Kalra de l'hôpital GTB, situé dans le nord-ouest de la mégapole, précisant que huit de ces décès sont survenus mardi. Le précédent bilan, donné par la police, faisait état de 11 morts.

La tension reste vive

S'il n'a enregistré aucune avancée sur l'épineux conflit commercial entre les deux pays, le locataire de la Maison Blanche, qui a été reçu en grande pompe, a salué «deux journées fantastiques» et longuement loué les qualités du Premier ministre indien Narendra Modi, «un leader formidable».

La tension restait vive mardi dans le nord-est de la capitale indienne, en proie à des violences depuis dimanche. Ces émeutes ont fait à ce jour treize morts, dont un policier, ont annoncé mardi soir les forces de l'ordre. Interrogé sur ces heurts lors d'une conférence de presse, le milliardaire républicain a refusé de se prononcer.

«J'en ai entendu parler mais nous n'en avons pas discuté, cela relève de l'Inde», a-t-il déclaré, tout en assurant que Narendra Modi était très attaché à ce que la liberté religieuse soit respectée en Inde.

Eloge de la diversité culturelle

Partisans et opposants d'une loi sur la citoyenneté qui inquiète les musulmans indiens et est au centre d'un vaste mouvement de manifestations depuis décembre s'affrontent dans des quartiers populaires à majorité musulmane de la capitale. Les télévisions locales diffusaient des images de saccages, de véhicules et bâtiments brûlés. Plusieurs journalistes ont été agressés par des bandes.

Lundi, lors d'un discours devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées à Ahmedabad, dans l'État de Gujarat, Donald Trump avait fait l'éloge de la diversité culturelle et religieuse de l'Inde, saluant l'action de son «grand ami» Narendra Modi, chantre du nationalisme hindou.

L'Inde représente un allié stratégique pour les États-Unis en Asie, qui voient en elle un potentiel contrepoids à la montée en puissance de la Chine dans la région. Le locataire de la Maison Blanche a évoqué «d'énormes progrès» vers un grand accord commercial entre l'Inde et les États-Unis, mais est resté extrêmement évasif sur le calendrier.

Les deux nations se livrent depuis plusieurs mois un bras de fer autour de leurs échanges de biens et services, frappant leurs produits respectifs de taxes douanières. Cette dispute est de bien moindre ampleur que la guerre commerciale avec la Chine, mais n'en génère pas moins des interférences sur la ligne New Delhi-Washington.

(nxp/ats)