Indonésie

22 juillet 2014 13:34; Act: 22.07.2014 13:54 Print

Widodo remporte la présidentielle

Le gouverneur de Jakarta, Joko Widodo, a remporté l'élection présidentielle du 9 juillet en Indonésie avec 53% des voix, contre 47% pour son rival, Prabowo Subianto.

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Le gouverneur de Jakarta (photo) aurait remporté l'élection présidentielle à quelque 53%. (Photo: Keystone/AP/Dita Alangkara)

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Dans une déclaration effectuée quelques heures avant les résultats de l'élection présidentielle en Indonésie, l'ex-général Prabowo Subianto a annoncé contre toute attente qu'il se retirait du processus, accusant le camp de son rival de «fraudes massives, structurées et systématiques». Joko Widodo a en effet remporté l'élection avec quelque 53% des voix. «Nous allons user de notre droit constitutionnel pour rejeter l'élection présidentielle de 2014 qui est juridiquement invalide, et nous nous retirons donc du processus en cours», a déclaré Prabowo, dans un geste de dépit qui apparaît comme une concession de défaite.

Joko Widodo, surnommé Jokowi, et Prabowo Subianto, avaient tous deux crié victoire après la fermeture des bureaux de vote, tandis que des estimations fiables réalisées à partir d'échantillons de bulletins de vote avaient donné près de 53% des suffrages au gouverneur de Jakarta, contre un peu plus de 47% à son rival. Depuis, les tensions se sont exacerbées en raison de multiples accusations de fraudes et de tricherie de part et d'autre, à l'issue de l'élection la plus polarisée depuis la transition démocratique de l'archipel qui avait suivi la chute du dictateur Suharto en 1998, marquée par des violences qui avaient fait des dizaines de morts.

Nouvelle génération d'hommes

Plus de 250'000 policiers ont été mobilisés à travers le pays pour l'annonce des résultats, dont un peu plus de 3000 rien que pour assurer la sécurité du bâtiment de la commission électorale au centre de Jakarta. Des dizaines de véhicules des forces de l'ordre, ainsi que des policiers et militaires étaient disséminés en ville. L'élection de Jokowi, un ancien vendeur de meubles issu d'un milieu modeste et sans aucun lien avec le régime autocratique du passé, marque l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes politiques dans le plus grand pays musulman au monde, avec près de 250 millions d'habitants.

Agé de 53 ans, il entend poursuivre les réformes démocratiques de l'ère post-Suharto (1967-1998). Il a connu une ascension fulgurante en politique, après être devenu maire d'une ville d'un demi-million d'habitants en 2005 et d'être propulsé gouverneur de Jakarta en 2012. Par contraste, Prabowo Subianto, est un ancien gendre de Suharto qui a reconnu avoir enlevé des militants pro-démocratie à la fin de l'ère Suharto. Ayant fait fortune en se reconvertissant dans les affaires, l'ancien militaire de 62 ans a estimé récemment que la démocratie telle qu'elle était conçue en Occident n'était «pas adaptée à l'Indonésie». Les investisseurs dans la première économie d'Asie du Sud-Est espéraient une victoire de Jokowi, considéré comme un dirigeant honnête qui n'a été mêlé jusqu'ici dans aucune affaire judiciaire, contrairement à nombre d'autres hommes politiques de ce pays, l'un des plus corrompus au monde.

Maintenir l'attractivité du pays

Dès son arrivée à la présidence en octobre, après le départ de l'actuel chef de l'Etat, Susilo Bambang Yudhoyono, Jokowi devra entreprendre des réformes impopulaires telles l'amélioration de la faible productivité de la main-d'oeuvre ou la réduction des coûteuses subventions accordées pour l'essence -- son prix est l'un des plus bas de la région --, afin de relancer l'économie dont le rythme de croissance autour de 6% depuis une décennie a légèrement ralenti depuis un an. Outre la lutte contre la corruption, le nouveau président aura aussi la délicate tâche de maintenir l'attractivité du pays pour les investisseurs étrangers tout en tenant compte des appels à prendre des mesures protectionnistes.

(afp)