Pakistan

14 décembre 2011 21:31; Act: 14.12.2011 21:39 Print

Zardari hospitalisé à Dubaï

Le président pakistanais Asif Ali Zardari n'a pas voulu être hospitalisé dans son pays suite à une attaque cardiaque mineure, car sa vie y était menacée, a assuré mercredi le premier ministre.

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Asif Ali Zardari a quitté mercredi l'hôpital de Dubaï où il était soigné depuis une semaine. (Photo: Keystone/AP)

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Elu en 2008, après l'assassinat de son épouse, l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, dans un attentat attribué aux talibans, M. Zardari a plusieurs fois mentionné, depuis, le fait qu'il se sentait menacé. Depuis quelques mois, il ne sortait quasiment plus du palais présidentiel, sauf pour se rendre à l'étranger.

Le chef de l'Etat, dont le père est hospitalisé à Islamabad depuis un mois et demi, «ne lui a jamais rendu visite parce que sa vie était menacée», a déclaré mercredi soir le premier ministre Yousuf Raza Gilani devant le Sénat.

Les forces de sécurité avaient «arrêté certaines personnes qui voulaient l'attaquer» s'il se rendait au chevet de son père, a poursuivi le chef du gouvernement, sans préciser qui étaient ces personnes.

Puis, M. Zardari est «tombé malade» et «c'est la raison pour laquelle il n'a pas voulu aller dans cet hôpital» d'Islamabad, «il ne voulait aller dans aucun hôpital du Pakistan à cause des menaces sur sa vie, alors nous l'avons persuadé (...), sa famille l'a convaincu d'aller à Dubaï», a conclu M. Gilani.


Rumeurs de démission

M. Zardari a quitté mercredi soir l'hôpital américain de Dubaï, où il a subi des examens après ses problèmes cardiaques, a annoncé l'agence pakistanaise Associated Press of Pakistan (APP), citant le porte-parole de la présidence. Il s'est rendu dans la résidence dont il dispose à Dubaï. Il devrait s'y reposer pour une durée indéterminée afin d'y «poursuivre son traitement pour le coeur».

Le brusque départ de M. Zardari à Dubaï le 6 décembre et son hospitalisation immédiate dans cette ville des Emirats arabes unis alimentent, depuis, les rumeurs sur l'éventuelle démission du chef de l'Etat, voire de «coup d'Etat en douceur».

M. Zardari est régulièrement accusé de corruption et est soupçonné par l'opposition et certains médias d'avoir sollicité - juste après qu'un commando américain eut tué Oussama ben Laden le 2 mai - le soutien de Washington pour tenter de limiter le pouvoir de l'armée. Si cette accusation s'avérait fondée, cela relèverait du crime de «haute trahison», ont averti l'opposition et des médias.

Le porte-parole de M. Zardari, Farhatullah Babar, a assuré mercredi soir à l'AFP que le chef de l'Etat n'avait aucunement l'intention de démissionner et rentrerait au Pakistan dès que les médecins l'y autoriseraient.

(ats)