Suisse

17 novembre 2018 17:26; Act: 18.11.2018 13:34 Print

«Avec la hausse des primes, je n'y arrive plus»

par David Ramseyer/Yannick Weber - En Suisse romande mais aussi à Berne et au Tessin, des citoyens ont dénoncé dans la rue l'augmentation constante de l'assurance maladie.

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«Chaque année, c'est la déprime, quand j'découvre ma nouvelle prime», chantent près d'un millier de manifestants au bout du lac Léman. Genève a été le théâtre de l'une des plus importantes marches contre le nouvel envol des prix annoncé récemment par les assureurs. Ce samedi, l'appel lancé par le groupe «Lutte contre l’augmentation des primes d'assurance maladie (LCAPAM)» a résonné aussi à Lausanne (VD), Neuchâtel, Bienne (BE) et Berne, ainsi qu'à Monthey (VS) et à Bellinzone (TI).

Jeune papa, Gregory est venu battre le pavé à Genève avec sa fille de 2 ans, installée dans une poussette. Très motivé comme tous ceux qui défilent à ses côtés, il a le sourire, mais son propos est désabusé: «Avec les récentes hausses, on n'y arrive plus, même avec deux salaires». Tandis que défilent les panneaux qui fustigent les assureurs et déclarent que «la santé n'est pas une marchandise», le système «qui se fait Lamal» en prend pour son grade. Opacité, absence de contrôle politique: Karine, une Genevoise de 47 ans, estime qu'il faut «tout changer, surtout lorsque l'on voit ce qu'on doit payer et combien touchent les dirigeants des assurances».

Jeunes absents

Dans le cortège genevois, une évidence saute aux yeux. Il n'y a guère de jeunes. «Ce sont généralement leurs parents qui paient les primes et ils sont donc peu au courant du problème, estiment Alexia et Alison, des jumelles de 19 ans. Nous, notre maman nous a parlé. L'assurance coûte beaucoup trop cher.» Les deux sœurs notent aussi que l'appel à manifester a été diffusé essentiellement sur Facebook, un réseau social que les jeunes n’utilisent plus vraiment.

Organisatrice du défilé au bout du lac, Patricia Leoz est l'une de deux mères de famille à l'origine de ce mouvement de protestation, avec Joelle Combremont. «Je suis heureuse de la mobilisation et je crois que cela contribue à faire évoluer la situation. On voit bien que les cantons de Genève et Vaud, avec les conseillers d'Etat Mauro Poggia et Pierre-Yves Maillard, tentent de faire bouger les choses.»

Politiques discrets à Genève, en force à Lausanne

Cela dit, les politiques, notamment le Conseil Fédéral, restent une cible privilégiée des manifestants. Lors du premier défilé, il y a un an dans la cité de Calvin, les partis avaient largement affiché leurs couleurs dans le cortège. Accusés de récupérer un mouvement qui se veut citoyen, ils étaient (un peu) moins présents. Ils ont aussi évité de se placer en tête du défilé à Genève. C'était beaucoup moins le cas à Lausanne.

L'affluence y était moins importante, mais la tonalité était beaucoup plus politique et laissait une ambiance de lutte des classes, les «riches» étant souvent pointés du doigt dans les discours parmi les appels à une caisse unique et solidaire. Avant le cortège, les prises de parole ont offert une tribune à plusieurs partis et syndicats, comme SolidaritéS, le POP, le Mouvement pour le socialisme, SUD, le tout à grand renfort de distribution de tracts. Invités à se placer derrière les citoyens lors du cortège, ils se sont tout de même positionnés, avec leurs drapeaux, parmi les premiers rangs.

Ce qui n'a pas gêné les organisateurs, qui se fédèrent pourtant sous une bannière citoyenne. «Notre association restera apolitique, mais nous acceptons tous les soutiens qui se présentent», estime Lena Gumy, de LCAPAM, l'une des organisatrices du rassemblement lausannois.

Parmi les participants au défilé, c'est un mélange de colère et d'exaspération qui se dégageait. «Les assureurs ont des bénéfices en augmentation, mais les gens continuent à être étranglés par la hausse des primes. La mienne est passée de 150 à 400 fr. par mois en 20 ans. Et dans dix ans?», craint par exemple Nadège, de Bussigny, qui regrette par ailleurs la faible mobilisation.

«Une caisse unique, pas une caisse qui me nique»

«Pour l'instant, dans ma famille, on peut payer. Mais il est clair qu'il faut réformer le système et passer à une caisse unique», estime pour sa part Terence, un Lausannois. Même constat pour Ella: «Les primes augmentent, mais les prestations ne changent pas et les salaires non plus.» D'autres semblaient désabusés: «Au bout d'un moment, ça suffit. Il faudrait une caisse unique, mais les gens votent n'importe comment. Et on est loin d'être assez à être descendus dans la rue», regrette Marcia, une Nyonnaise blasée.


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Les commentaires les plus populaires

  • Baisse culotte le 17.11.2018 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Malade

    Arrêtons d'avoir une assurance maladie obligatoire gérée par des caisses privées. Ils se mettent tous d'accord.

  • Alain le 17.11.2018 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Faut réfléchir un peu avant ...

    Ils étaient où cette équipe quand il fallait voter une caisse unique ?!?

  • bave le 17.11.2018 17:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    gus

    si la suisse bouge je reviens au pays je suis exilé et j'en avais marre de faire comme les moutons et nous dilapider notre argenr et rien dire. bravo bouger et je viens vous soutenir.

Les derniers commentaires

  • luk le 03.12.2018 09:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Simple exemple

    Malheureusement je dois prendre un médicament pour plusieurs mois, je paye moi même car la franchise est haute. Prix en Suisse 24.90 en France 5.40, en Allemagne 4.90 et en Italie 4.60 , voilà rien de plus. État Suisse se laisse avoir par les pharmas et c'est nous qui degustons.

  • Primes pour administrateurs le 20.11.2018 18:02 Report dénoncer ce commentaire

    Tarifs prohibitifs

    La dernière fois que jai été à lhosto,jai eu 3 ou 4 visites dune tribu de toubibs qui mont à chaque fois posé les mêmes questions!! Cherchez les coûts , cest tout trouvé ! En plus il faut graisser les administrateurs

  • Pierre Albert le 19.11.2018 21:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Observons

    Au mois de novembre les grandes manifs , tout le monde dans la rue et on râle. Juin Juillet Août septembre, personne se plaint, normal tous les manifestants sont en vacances.

  • ptit rapporteur le 19.11.2018 21:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et bien

    chers compatriotes, chers citoyens je pense qu'il est grand temps que ce soit nous qui proposions des solutions étant donné que nos politiques sont pour le soutient et l'enrichissement des actionnaires des lobbys des assureurs etc. Ah oui! je lis déjà les commentaires et que proposez vous? j'y Travail et en ferait part à la FRC.

  • El Plombier le 19.11.2018 18:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous avez la vie tellement dure

    Pauvre petit suisse