Canton de Fribourg

05 septembre 2018 07:07; Act: 05.09.2018 07:07 Print

«Avec plus de moyens, on pourrait faire mieux»

par Xavier Fernandez - Les autorités fribourgeoises ont présenté lundi un nouveau concept de lutte contre la violence au sein du couple. Mais l'investissement reste modeste, en comparaison du canton de Vaud.

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En Suisse, deux femmes sur cinq ont subi des violences domestiques ou sexuelles. (Photo: IStock)

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La violence domestique demeure l'un des fléaux de la société. C'est d'ailleurs la première cause de décès par homicide chez les femmes en Suisse. Et la question n'est pas prise à la légère dans le canton de Fribourg, puisque un nouveau concept de lutte contre la violence au sein du couple a été présenté lundi.

Ainsi, un pack de 33 mesures a été imaginé, pour endiguer le phénomène. C'est le fruit de plus de trois ans de travail d'une commission constituée des principaux acteurs du domaine (hôpitaux, police, justice, associations de protection des victimes, etc.). Mais seulement deux de ces mesures ont été qualifiées de prioritaires et urgentes, et seront mises en application à court terme. D'autres le seront dans un deuxième temps et, pour les restantes, cela dépendra des budgets alloués annuellement.

Un infirmier et un médecin

Pour commencer, un infirmier expert en soin d'urgences et formateur nommé Thierry Jaffredou fera office de référant au sein de l'HFR (Hôpital fribourgeois). «Dans les faits, je m'occupais déjà régulièrement des constats de violence. Donc, dans mon cas, il s'agit davantage d'une officialisation que d'une création de poste. La véritable nouveauté, ce sera l'engagement dès 2019 d'un médecin légiste. Car, jusqu'à présent, c'est un médecin de Lausanne qui se déplaçait à Fribourg en cas de besoin», explique l'infirmier.

D'un point de vue financier, l'Etat de Fribourg va investir annuellement environ 120'000 francs pour le salaire de l'infirmier et du médecin. De plus, des montants uniques totalisant 156'000 francs sont prévus pour la période 2018-2021, par exemple pour une exposition destinée aux jeunes. «C'est un premier pas dans la bonne direction, mais avec davantage de moyens on pourrait faire nettement mieux. Globalement, on ne peut pas dire que Fribourg soit en retard si on le compare à des cantons comme Neuchâtel. En revanche, le canton de Vaud est clairement en avance, car il dispose d'un service complet dédié aux cas de violence. Pour faire simple, là où Fribourg dépense 100'000 francs, Vaud débourse un million», souligne Thierry Jaffredou.

Force de travail interdisciplinaire

Quant à Claudia Lauper, secrétaire générale adjointe de la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS), elle souligne que: «Si le concept sort maintenant, cela ne veut pas dire que rien n'a été fait jusqu'à aujourd'hui. Il s'agissait de dresser un état des lieux, d'identifier les besoins et d'adapter les outils et la manière de collaborer. Je ne sais pas si des concepts dans ce genre ont été mis sur pied ailleurs. Certains cantons ont choisi plutôt d'élaborer une loi. Ce qu'il faut retenir, c'est la création d'une force de travail interdisciplinaire permettant de rassembler les services cantonaux concernés ainsi que tous nos partenaires, et la volonté de toucher un large public-cible, en plus des victimes directes.»

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Les commentaires les plus populaires

  • Frédouille le 05.09.2018 07:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les auteurs étrangers devraient être expulsés

    "les auteurs hommes ont été 3,5 fois plus souvent des étrangers que des Suisses". (c'est le même ratio d'étrangers dans nis prisons). Nos moeurs en Suisse ne sont visiblement pas compatibles avec certaines cultures importées.

  • Kinken le 05.09.2018 07:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Prévention puis sanction

    Des sanctions plus lourdes pour les hauteurs de violence seraient déjà un début. Quand on voit quun agresseur peut sen sortir avec une amende ou du sursis, amende quil ne payera sans doute pas dailleurs, on peut se permettre de douter de lefficacité de ces-dites sanctions

  • José le 05.09.2018 07:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La statistique montre 4 fois...

    ... plus courant chez les étrangers... Peut-être que c'est une mesure d'intégration qu'on devrait apprendre à ces personnes systematiquement dès qu'il arrive en Suisse par un cours obligatoire... Ceci faciliterait bien des choses et surtout des aprioris.

Les derniers commentaires

  • Jasmin le 06.09.2018 16:40 Report dénoncer ce commentaire

    Du vécu !

    Aux autorités fribourgeoises concernées, vous auriez tout de même pu approcher les autres cantons suisses. Ce douloureux problème de société y est traité. La chape de plomb qui tombe sur ces drames est terriblement destructrice.

  • Liberland le 06.09.2018 10:39 Report dénoncer ce commentaire

    Bossing et Mobbing

    Un canton a éviter beaucoup de Fribourgeois pratique du Mobbing par mystery shoppers menteurs, fausses réclamations pour faire virer les mieux payés en général par insistance acharnement et terreur psychologique par telephone tard le soir quand on fait du matin et on prend son service a 3h00 x 9 jours pour vous épuiser, a Genève et ailleurs anciens monopoles hopitaux service publics etc dans mon cas mon chef mauvais voulait s approprié mon appartement de service en me faisant démissionné et était jaloux car j étais toujours entouré de belles femmes dont sa femme !!!

  • David Houriet le 05.09.2018 12:42 Report dénoncer ce commentaire

    Un peu de manichéisme

    Il y a ceux qui pour différentes raisons ne boivent pas d'alcool mais s'adonnent de par leurs coutumes à des actes ici répréhensibles ; ceux-là sont aux bénéfices d'une bonne gauche peu regardante quant aux dégâts occasionnés ; et il y a ceux qui picolent de trop et abusent d'une droite dévastatrice car peu ou pas concernée par la condition féminine.

  • Un le 05.09.2018 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Peu deffort

    Plein dorganisations et dassociations pour les femmes. Et pour nous les hommes? Je suis pour que toutes les victimes puisse être soigné. Non seulement une partie de la population, même si cela reste primordiale.

    • Lucette le 06.09.2018 08:58 Report dénoncer ce commentaire

      @@@Un

      La majorité des associations fonctionnent pour les femmes ET les hommes (comme le HFR). Par contre, en Suisse par exemple, il y a davantage de foyer pour sauver les animaux que pour les conjoints battus, ce qui est honteux !

  • Paulette le 05.09.2018 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le moment de se bouger

    Il est vrai que quand on se rencontre confronté à cet état de fait, on se rend compte quil n y a presque rien de mis en place dans le canton de Fribourg en comparaison au canton de Vaud. Et les vaudois n acceptent pas les fribourgeois pour les mesures intercantonales. On se retrouve bien seules face à sa souffrance. Une injustice de plus. Cest le moment que ce canton se bouge à ce sujet. Dans mon souvenir, il n y avait quun forum virtuel à cet effet. À ce moment là, il y a besoin de contact humain, de partages pour aller de lavant. Cest bien que Fribourg se bouge enfin. Il était tant.