Avalanche à Crans-Montana (VS)

20 février 2019 11:46; Act: 20.02.2019 11:52 Print

«C'est triste à dire, mais c'est le risque du métier»

par Francesco Brienza - Vice-président de l'Association romande et tessinoise des chefs de sécurité et patrouilleurs, Daniele De Giorgi réagit au drame.

Sur ce sujet
Une faute?

Les réactions pleuvent après l'annonce du décès d'un secouriste âgé de 34 ans, mardi. Le malheureux a succombé à ses blessures après avoir été emporté dans une avalanche sur le domaine de Crans-Montana (VS), tandis qu'il portait secours à un skieur blessé. Vice-président de l'Association romande et tessinoise des chefs de sécurité et patrouilleurs, Daniele De Giorgi est en route pour la station. «C'est déjà le deuxième décès d'un patrouilleur en un mois en Valais. Cette année est meurtrière pour notre profession.» Le Tessinois est actif dans la formation des secouristes depuis plus de 30 ans. «C'est un métier dangereux, explique-t-il. On est dans un milieu naturel, en haute montagne. Il est très rare qu'une avalanche finisse sur les pistes. Mais même si c'est triste à dire, ça fait partie des risques du métier. Mourir en exerçant sa profession, c'est tout simplement dramatique...»

Au mauvais endroit au mauvais moment

Daniele De Giorgi peut imaginer les conditions du drame. «Déjà, quand on est en train de secourir quelqu'un, on est en situation de stress. On doit analyser la situation, gérer un blessé potentiellement en état de choc, sécuriser la personne au maximum.» Si une avalanche se déclenche à ce moment là, tout se joue en quelques secondes: «Il faut comprendre la situation et localiser la coulée. Si on se rend compte qu'elle nous arrive dessus, c'est souvent déjà trop tard...»


Spécialiste de la prévention des avalanches et responsable de la sécurité à Nendaz (VS), Pascal Fournier rappelle pour sa part qu'une coulée qui tombe sur les pistes, «c'est l'exceptionnel de l'exceptionnel. C'est similaire à un éboulement sur la route. On a beau sécuriser tout ce qui est envisageable, si on est au mauvais endroit au mauvais moment...» Daniele De Giorgi a sa propre hypothèse sur le déroulement des événements: «Cela devait vraiment être une avalanche atypique. Ce secteur est hyper surveillé. Il y a des tonnes d'explosifs qui y sont déployés à longueur de saison. J'imagine que le départ de la coulée venait d'un secteur tout à fait inattendu.»

Une enquête pénale est en cours pour déterminer les circonstances du drame. Elle est dirigée par le Ministère public valaisan.