Chamoson (VS)

13 août 2019 06:18; Act: 13.08.2019 22:56 Print

«Ma fille a été emportée»

L'orage accompagné de laves torrentielles qui a frappé Chamoson dimanche a failli faire davantage de victimes. Par chance, les villageois ont réussi à extirper deux femmes piégées par les eaux boueuses.

Les éléments se sont déchaînés dans le village de Chamoson dimanche soir. Un homme de 37 ans et une fille de 6 ans sont portés disparus. Les chances de les retrouver vivants sont très minces, selon les secours.
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Un orage d’une dizaine de minutes a frappé le Valais, dimanche soir. Deux véhicules stationnés près d’une rivière ont été emportés par une lave torrentielle. Une des voitures était inoccupée mais un Genevois de 37 ans établi en Valais et une Française de 6 ans se trouvaient à bord de l’autre auto au lieu-dit «Châtelard», en amont de Chamoson. «Vers 18h40, il y a eu un bruit terrible. La lave torrentielle était là. La boue a atteint 3 mètres de haut. Deux voitures ont été emportées et des personnes étaient prises au piège. C’était comme un tsunami», décrit Elvira Favre, témoin du drame. Deux femmes ont été extirpées des eaux boueuses par les villageois parmi lesquels une élue qui a appelé les secours et est venue en aide aux rescapées. Selon des témoins, une des rescapées hurlait: «Ma fille a été emportée! Ma fille a été emportée!»

Malgré les moyens humains et matériels déployés

Mais, seule la voiture inoccupée a été retrouvée. Interrogé lundi par «20 minutes» sur les chances de survie des deux disparus, le chef de la colonne de secours n’a pas tourné autour du pot. «On ne va pas se mentir: elles sont nulles», a indiqué Benoît Dorsaz lors d’une conférence de presse de fortune dans le local des pompiers du village.

Depuis que le sinistre a éclaté, quelque 70 personnes (policiers, pompiers, colonne de secours, pci) et d’importants moyens matériels (hélicoptère, drones) ont été engagés dans les opérations de secours.

«Maintenant, il n'y a plus qu'à prier»

Dans cette localité nichée entre plusieurs montagnes, l’émotion est à son comble. «En 36 ans passés ici, j’en ai vu, des intempéries. Mais, jamais je n’ai vécu quelque chose d’aussi dramatique. Si même les secours ne croient plus aux chances de survie des deux disparus, il ne reste plus qu’à prier», se résigne Geneviève. Une autre habitante, dont le jardin a été dévasté par les éléments en furie, a une pensée pour les familles des disparus. «C’est quoi des fleurs par rapport à des vies humaines? Je suis bouleversée», s'est-elle émue.

(apn)