Scandale à Neuchâtel

09 mars 2011 13:42; Act: 09.03.2011 15:54 Print

«Il était toujours sur la ligne rouge»

par Catherine Bex - Le fonctionnaire neuchâtelois qui a harcelé ses collaboratrices a été suspendu récemment. Deux personnes racontent l'ambiance qui régnait au sein du Service de la surveillance et des relations au travail.

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Le Conseil d'Etat a décidé de ne pas agir dans une affaire de harcèlement sexuel au sein de l'un de ses services. (Photo: Keystone)

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«L'ambiance était délétère. Surtout avec les femmes», se souvient Ed*, qui a travaillé durant plusieurs années au sein du Service neuchâtelois de surveillance et des relations au travail (SSRT), au coeur d'une affaire de harcèlement sexuel. «Il y avait toujours de petites remarques salaces. C'était comme s'il cherchait continuellement à obtenir des faveurs.» Une version des faits que corrobore un autre collaborateur du SSRT. Sam* se rappelle avoir entendu de nombreuses remarques déplacées.

Ces deux anciens collaborateurs racontent également que ce cadre, non content de posséder un moulage de ses attributs, avait même expliqué sa manière de s'y prendre pour réaliser son «oeuvre» devant le personnel.

Inégalité de traitement

«Les gens ne respiraient pas le bonheur d'être là», explique Ed. «Tous nous avons cherché au moins une fois à partir.» Et d'ajouter: «Il n'était pas très regardant, l'âge et le physique lui importaient peu».

Sam estime pour sa part qu'il y avait des inégalités de traitement entre hommes et femmes. Celles-ci auraient reçu des dossiers plus simples à traiter ou la possibilité de réduire leur présence sur le terrain, au détriment des hommes.

Sur la ligne rouge

«Quand on est dans cette ambiance, on ne se rend pas compte. On en rigole et voilà tout!», précise Ed. «Il était toujours sur la ligne rouge, pas trop insistant, afin qu'on ne puisse lui reprocher son comportement.» Une tendance à la banalisation que reconnaît Sam. «Quand c'est tout le temps, on ne sait plus si c'est du lard ou du cochon.»

Une secrétaire a bien tenté d'avertir son supérieur il y a quelques années, selon Ed et Sam. Mais sans succès. Elle a finalement été renvoyée pour divers manquements.

Une enquête administrative a été lancée contre ce cadre, qui a été suspendu. Et Sam de soupirer: «J'aimerais que cette affaire se termine et que l'Etat prenne ses responsabilités».

* Prénoms d'emprunt