Casse de Fribourg

13 octobre 2008 16:25; Act: 14.10.2008 15:18 Print

«Je me fais agresser et c’est à moi de payer…»

par Didier Bender - Deux jours après l’opération coup de poing dont elle et son bar «Elvis et moi» à Fribourg ont été victimes, Valentine Jaquier tente de se remettre.

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«Même un bruit de verre, ça me fait sursauter», raconte la patronne, alors qu’un vitrier s’active autour de la devanture de son établissement. «C’est lâche et gratuit», avoue la jeune femme en pensant aux trente casseurs cagoulés qui ont mis sens dessus-dessous son bar. D’autant qu’elle n’adhère pas à ce genre de théories. «Je ne suis pas assez stupide pour organiser une soirée d’extrême-droite dans mon établissement. Sinon, je n’organiserai pas non plus de soirées gays», explique la patronne du bar alternatif «Elvis et moi».

«L'assurance ne couvre pas le vandalisme»

«Financièrement, je fais quoi maintenant», lance Valentine. Les dégâts se montent à plusieurs dizaines de milliers de francs. «Il y en a rien qu’à 17-18'000 francs pour la devanture». L’assurance n’est prête qu’à payer 3700 francs pour le bris de glace. «Elle n’assure pas contre le vandalisme». La jeune femme se trouve aujourd’hui doublement victime. Ce qui lui permet de tenir, ce sont les messages de soutien qui affluent sur son site internet et sur la boîte vocale de son téléphone. «Des groupes de musique et des DJs qui se sont produits chez moi se proposent de revenir gratuitement. Et je pense organiser des soirées de soutien.»

Du côté de la police fribourgeoise, on reconnaît le caractère exceptionnel de cette action commando. «A 20h22, nous avons reçu un coup de fil. A 20h26, une première patrouille intervenait», raconte Benoît Dumas, chef de la communication à la police cantonale fribourgeoise. La police a gêné les extrémistes dans leur fuite. «Nous avons saisi du matériel. Ces éléments constituent des pièces à conviction», explique Benoît Dumas.

Pour les besoins de l’enquête, la police a décidé de ne pas faire d’autres commentaires. «Nous ne communiquons plus sur l’enquête jusqu’à ce que nous ayons des éléments probants», explique Benoît Dumas. «Des gens sont arrivés en bande organisée, ont saccagé un bar et ont blessé un policier. Ils iront répondre de leurs actes devant la justice. Aucune idéologie ne justifie de tels actes.» Le dispositif mis en place par la police fribourgeoise, notamment autour de la gare, n’a pas permis d’interpeller ces casseurs.