Meurtre de Riaz (FR)

28 mars 2011 08:31; Act: 28.03.2011 15:03 Print

«Mon mari a tiré huit fois puis est parti»

par Christian Humbert - La petite amie du jeune Vaudois de 23 ans abattu de huit balles par son patron samedi témoigne. Le meurtrier est toujours en fuite.

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«Mon frère lui criait de tenir bon. Moi je lui caressais la tête et lui donnais des bisous. Il est mort en huit minutes». Emilie, 27 ans, revient sur le drame qui a coûté la vie, samedi, à son petit ami Fabien D.. Le cuisinier vaudois de 23 ans, a été abattu de huit balles à Riaz par son patron, un quinquagénaire ivre de jalousie.

Le meurtrier présumé, Serge S., 54 ans, est en fuite. Il est retourné dans sa maison de Morlon (FR), a pris de l’argent et son passeport avant de fuir au volant de sa Ford Kuga. Son téléphone portable a été repéré dans la région de Martigny, sur la route de l’Italie.

Sa femme, une Fribour­geoise de 27 ans dont il était séparé, a raconté le drame à «20 minutes». Emilie n’avait pas encore 20 ans lorsqu’elle a rencontré Serge, dragueur réputé de 25 ans son aîné, déjà père de trois enfants avec trois femmes différentes. «Tout le monde rigolait de nous. Mais nous nous aimions. La différence d’âge n’a jamais posé problème.» Le couple exploite un hôtel-restaurant au centre de Bulle. L’idylle se détériore et Emilie tombe amoureuse du cuisinier Fabien D., un jeune Vaudois. Elle retourne chez ses parents, à Riaz, au début de l’année. Car son mari, dont elle veut divorcer, l’a rouée de coups.

«Nous nous sommes une nouvelle fois disputés vendredi soir. Il m’a violemment frappée au visage et au thorax. Je me suis rendue à l’hôpital. Un peu plus tard, j’ai retrouvé mon ami Fabien, inquiet, devant chez mes parents. Mon mari est arrivé comme un fou au volant de sa voiture. Il a tapé sur celle de Fabien, qui est sorti et l’a maîtrisé avec l’aide de mon père, alerté par les cris. Serge n’était pas dans son état normal. Il confondait les personnes. Il était ivre, hors de lui. Il est parti.» Serge retourne chez lui, prend un pistolet et revient à Riaz, où Emilie et son petit ami se trouvent toujours. Et là, c’est le drame: «Mon mari est sorti de la voiture, a ouvert la porte de celle de Fabien et a tiré huit coups de feu à bout portant avant de repartir sans rien dire.» Fabien se vide de son sang. Le frère d’Emilie accourt. Tous deux soutiennent le jeune cuisinier agonisant. Mais c’est trop tard.

Dimanche, la police a mis la main sur l’arme du crime, mais le meurtrier est toujours en fuite.