Fribourg

27 février 2019 22:44; Act: 27.02.2019 23:07 Print

«Protéger le patient à l'ère de l'ADN est un gros défi»

par Francesco Brienza - Les dossiers médicaux seront difficiles à anonymiser quand la génétique s'imposera. Un dilemme pour la science.

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Combien de patients ont le cancer du sein? Quel est le taux de survie? Quelles réactions au traitement? Pour avancer, la recherche médicale a toujours eu besoin des données des patients. Tant qu’elles étaient anonymes, il n’y avait pas de problème. Mais à l’heure du séquençage ADN et des dossiers électroniques, la protection de la sphère privée du patient est en danger.

«Le monde a changé, note Jean-Pierre Hubaux, professeur à l’EPFL et sommité internationale dans le domaine. La génétique permet un meilleur diagnostic et une meilleure thérapie, personnalisés pour chaque patient.» Mais la médaille a son revers. Anonymiser un profil ADN est un vrai casse-tête. Et quand on sait que des cyberattaques visent déjà des hôpitaux du monde entier, y compris en Suisse, il y a de quoi s’alarmer. L’été dernier, 1,5 million de patients singapouriens se sont fait voler leurs données personnelles. Les employeurs et les caisses-maladie s’en frottent les mains. «Crypter les données issues de la génétique sera un défi de l’Humanité à très long terme car le risque de vol existe», reprend Jean-Pierre Hubaux.

Le chercheur dirige un pool leader en Europe en la matière. Il a présenté son travail hier à Fribourg, dans le cadre des Swiss cyber security days (lire ci-dessus). «L’objectif est de trouver un équilibre entre l’exploitation et la protection de ces données sensibles.» Son projet est co-financé par la Confédération et les EPF notamment.

L'interview du crack russe Eugene Kaspersky:

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Les commentaires les plus populaires

  • Parano le 28.02.2019 00:09 Report dénoncer ce commentaire

    Problème

    Les soins en effet sont améliorés et il est vrai que l'assurance de base fournit de bonnes prestations. Mais le problème est la tendance qui est prise. Par exemple pas de bol vous avez un ADN qui indique que vous avez un gros risque de quelque chose, plus d'assurance complémentaire possible ou hausse de celle-ci (comme c'est déjà le cas si vous avez eût certaine maladie spécifique). Le risque à terme est que les assurances n'assurent que les gens en bonne santé.

  • la Sèche le 27.02.2019 23:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sphère privée?

    Mais qui parle encore de sphère privée? il n'y en a plus depuis longtemps déjà

  • Gnouffe56 le 27.02.2019 23:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au plus offrant ?

    Oui c'est un problème crucial et urgent. Mais avec qui les as de l'informatique vont-ils travailler ? Avec les défenseurs de l'éthique, ou avec les gros pontes qui profitent en sous-main des piratages, super-salaires à l'appui ?

Les derniers commentaires

  • Insomnie le 28.02.2019 13:03 Report dénoncer ce commentaire

    Désespoir

    Oh super, jai 10 ans; en etudiant mon génome, on "lit" que j'aurai un cancer à 40 ans, Parkinson à 60 et Alzheimer à 80. Individu à risque, ne servira jamais à rien (bah oui: étudiant jusqu'à 28 ans et trouve un job fixe)... Les assurances seront ravies de ces progrès scientifiques auxquels les gouvernements ne savent/ ne peuvent maîtriser. Il faut arrêter de dire que le "monde change", car on ne fait que courir a notre perte. C'est fou comme les bonnes intentions accouchent de "solutions " plus problématiques et complexes que le problème initial.

    • Alexis Zaganidis le 28.02.2019 16:24 Report dénoncer ce commentaire

      Espoir

      Ta logique est mauvaise. Si a 10 ans on peut connaitre son futur médical avec l'ADN, pk pas au moment de la conception? Si on prend seulement les bébés éprouvettes qui n'ont aucune défaillance génétique grave, ca permetrra de garantir au citoyen sa santé à long terme pour avoir des projets à long terme....

  • Jean Luc le 28.02.2019 11:29 Report dénoncer ce commentaire

    Autre solution

    Les employeurs et les caisses maladies s'en frotte les mains? Quand le législateurs sera trop discriminé, on mettra l'assurance maladie devenue une section de la suva à la charge des employeurs, les premiers auront de toute manière l'obligation de prendre en charge et les suivants passeront de toute manière à la caisse....

  • Grneral Lee le 28.02.2019 07:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La technologie

    Continuons à faire confiance ace numérique ! Ce qu'il me fait vraiment marrer et rager à la fois, c'est que on se fait voler des données médicales, mais comme moi, qui veux consulter le dossier de mon géniteur, je me heurte au secret médical ! Même après plus de trente ans ! J'ai toujours dit, la technologie nous tuera

  • Tous Pour Un Et Un Pour Tous le 28.02.2019 05:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qui lance l'initiative?

    Créons une loi qui force les assurances à couvrir chaque individu.

    • Yep le 28.02.2019 06:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Tous Pour Un Et Un Pour Tous

      C'est ce qu'en Suisse on appelle l'assurance de base et qui est obligatoire. Cela dit en passant.

    • Aie le 28.02.2019 06:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Tous Pour Un Et Un Pour Tous

      Déjà fait, c'est la LAMAL

  • citoyen le 28.02.2019 03:08 Report dénoncer ce commentaire

    Big data

    Le problème n'est pas l'ADN mais la protection des données qui en sont tirées, inexistante en Suisse.

    • yenne le 28.02.2019 07:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @citoyen

      C'est bien ce qui est expliqué dans cet article.