Valais / France

18 septembre 2019 06:08; Act: 18.09.2019 22:04 Print

Bras de fer autour d'un enfant orphelin de mère

Un enfant né en Valais, dont la mère est décédée en mars, a été confié par les autorités à ses grands-parents maternels basés en France. Le père dénonce une décision inique.

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Le veuf espère avoir la garde de son fils qui vit avec ses grands-parents maternels depuis un an.

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Un enfant né en 2014 de deux parents français établis en Suisse dès 2011 est au centre d’une bataille judiciaire depuis le printemps passé. Le couple s’est séparé une première fois en 2015 pour quelques mois avant de se réconcilier. Après la deuxième séparation qui a eu lieu en 2017, les autorités valaisannes ont confié la garde à la maman avec autorité parentale conjointe et un droit de visite du père un week-end sur deux. Mais en septembre 2018, la femme souffrant d’un cancer depuis 2015 a quitté la Suisse avec son fils pour s'installer chez ses parents en Haute-Savoie (F). Elle y est décédée en mars dernier.

Après ce drame, les relations entre le père et sa belle-famille se sont détériorées. L’avocat du père a introduit une demande pour que le garçon vienne vivre avec son père en Suisse. Mais, conformément à la volonté de leur défunte fille, les grands-parents s’y sont opposés. Sur la base d’un rapport élogieux sur le cadre de vie de l’enfant, les autorités valaisannes ont opté pour le statu quo. Selon elles, le projet de vie du père avec son enfant, au cas où il obtiendrait la garde, reste encore «flou». En attendant, l'homme continue de recevoir son fils un week-end sur deux. Sur fond de conflit de loyauté de l'enfant et des signalements de maltraitances dans les deux sens. Selon la famille maternelle, l'enfant est malheureux chez son père. Celui-ci accuse une tante de maltraiter son fils en Haute-Savoie.

Une chambre pour deux enfants

Dans le dossier, l'Office de la protection de l'enfant estime que l'informaticien a démontré des «compétences parentales partielles liées à des réponses en partie adéquates apportées dans les soins primaires (logement, alimentation, habillement, hygiène), éducatifs (rythme de vie, horaires, limites) et affectifs (organisations d'activités adaptées, espace d'écoute, simulation) de l'enfant». Mais, dans son rapport, l'intervenante en protection de l'enfant a signalé que l'homme «peine à passer de la parole aux actes, sur sa reprise d'activité professionnelle, son lieu de vie ou le mode de garde de l'enfant». D'après elle, même si son nouveau logement est approprié pour accueillir deux enfants, «le père n'a pas tenu sa promesse de mettre à disposition une chambre pour chacun de ses enfants». Elle a retenu qu'il était «dans l'intérêt de l'enfant de maintenir et de confirmer les repères stables et sécurisants qu'il a acquis chez ses grands-parents maternels tout en poursuivant un élargissement des relations personnelles avec le papa, en vue de consolider progressivement et en toute sécurité le lien père-fils».

Sentiment d'injustice

Le curateur qui défend les droits de l’enfant, un ancien bâtonnier de l’ordre des avocats valaisans, n’a pas souhaité s’exprimer. Le père, lui, crie à l’injustice. «J’ai la garde exclusive de mon fils aîné qui a 13 ans (ndlr: né d'un premier lit). Mais il y a une enquête interminable pour savoir si je suis apte à m’occuper de mon second fils? Mon ancienne commune de résidence refuse de me délivrer des papiers administratifs, car un juge valaisan l'a voulu ainsi. Pour moi, ce long combat a des conséquences sur le plan psychologique et financier. Et on continue de me prélever une pension alimentaire pour ma femme décédée. Mais je ne lâcherai pas», soutient l’informaticien de 39 ans, qui vient de retrouver un nouvel emploi. Selon cet homme ayant déménagé dans le canton de Vaud et dont le fils réside en France depuis un an, la justice valaisanne n’est plus compétente pour s’occuper de l’affaire.

(apn)

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Commentaires sélectionnés

ça, c'est chelou. Légalement, le père devrait obtenir la garde. Mais on ne sait pas tout... s'occupait-il du petit avant le décès de la mère ? Leur relation est-elle bonne ? L'enfant est-il mieux auprès de ses 2 grands-parents, d'autres proches peut-être, et intégré à l'école, etc ? On ne sait pas ce qui est le mieux pour l'enfant. Un psychologue pourrait évaluer ses besoins affectifs, lui demander son avis (oui, même à 4 ans) et donner un préavis. C'est injuste pour le père, certes, mais je pense que le bien-être affectif de l'enfant prime et qu'il faut soigneusement l'évaluer. Et pourquoi pas, en laissant l'enfant finir son année scolaire, donner plus de visites au père pendant les vacances, et tenir compte du résultat de cela aussi dans la décision ? En tout état de cause, il faut être beaucoup plus souples et attentifs, au niveau de la justice, dans ces affaires si importantes, là les parents sont assez proches géographiquement et on devrait pouvoir être équitable avant que l'enfant puisse lui-même choisir. L'intelligence espérée de la part des adultes étant d'éviter le déchirement et les conflits de loyauté à l'enfant. J'en sais queque chose avec l'un de mes enfants qui a failli être renvoyé aux USA à cause d'un accord international procédurier et stupide, sans tenir compte de l'enfant. Plus de 2 ans de procès, l'horreur. – Jane B

Les commentaires les plus populaires

  • Aurélie c le 18.09.2019 06:30 Report dénoncer ce commentaire

    Metoo

    Inadmissible! Les droits des pères sont régulièrement bafoués, et personne, dans ces cas là, ne crie au scandale ou au sexisme.... c'est juste....normal.

  • Doneme le 18.09.2019 06:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pauvre petit

    pour moi la place de cette enfants est aupres de son pere surtout qu ils avaient tout les 2 la garde partager

  • Aqua Bon le 18.09.2019 06:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'autorité suisse...que du bonheur

    Bienvenue en Suisse... Son autorité hyper lente, pas plus compétente que conséquente et totalement abusive... Mais Vaud sera pire encore. Bien du courage.

Les derniers commentaires

  • Mamounia le 19.09.2019 14:44 Report dénoncer ce commentaire

    Cet enfant est pris en otage

    Mesdames, Messieurs, Papa, Grands-parents et service de la jeunesse, Vous rendez-vous compte de ce que vous faites subir à cet enfant, en "montant cette affaire en épingle" ? Nous ne connaissons pas tout, et ne devons pas nous permettre de juger ... Mais, s'il vous plaît, rétablissez le calme autour de cet enfant, ne vous "écharpez" pas - même hors de sa présence ! Ayez la sagesse d'étudier la meilleure solution - ou le meilleur compromis ... - pour sa vie à LUI ! Et ne l'obligez pas à un conflit de loyauté ! Merci pour lui !

    • Faiza annecy le 19.09.2019 23:02 Report dénoncer ce commentaire

      Otage

      L enfant a été pris en otage par sa mère malade psychiatrique depuis des années.. que faire devant tant de bêtises et de folie..

  • Victimes le 19.09.2019 04:09 Report dénoncer ce commentaire

    Justice ???? Mot très malléable

    Quant à Genève, je ne vous explique même pas. Ils engagent de ces cloches toutes tombées de Pâques !

  • Enfants victimes le 19.09.2019 04:06 Report dénoncer ce commentaire

    Sexisme RIDICULE, le bât blesse n'est-ce pas ?

    Idiotie ! 2 enfants restent en foyer 10 ans à cause des âneries de leur père ! Nous aurions pu vivre auprès de l'un de nos parents six ans plus tôt si le SPMI /SPJ et la juge n'auraient pas prêté crédit aux extrapolations de notre père au lieu de prêté attention aux divers relevés médicaux et témoignages qui nous aurait permis de quitter les divers foyers fréquentés !

  • chris le 19.09.2019 00:09 Report dénoncer ce commentaire

    justice ou la loi du plus fort?

    Si le seul critère pour pouvoir récupérer son fils est qu'il ait une chambre pour lui tout seul, alors plein de familles perdraient leurs droits sur leurs enfants. La réalité de la bureaucratie est parfois plus puissante que le bon sens. Les liens familiaux devraient être les plus forts. Je ne savais même pas que c'était possible pour un parent de perdre son enfant alors qu'il a vécu environ 7 ans avec lui. Tout en continuant de payer... Je trouve ça injuste et inhumain

  • Paxfamilia le 18.09.2019 19:03 Report dénoncer ce commentaire

    Paix en famille

    Puisse ces enfants être en paix auprès de leur père, et la mémoire de la mère se reposer en paix.