Avalanche meurtrière

20 février 2019 16:46; Act: 21.02.2019 08:55 Print

A Crans-Montana, la vie reprend dans la douleur

par Etonam Ahianyo - La station valaisanne a rouvert ses pistes aux skieurs mercredi, après l’avalanche de la veille qui a coûté la vie à un patrouilleur. Mais le drame est bien présent dans les esprits.

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Claquement des télécabines qui s’ouvrent et se referment, bars bondés de skieurs, lunettes de soleil à la pelle... Aux Barzettes, point de départ des télécabines pour «Les Violettes» dans la station valaisanne de Crans-Montana, la vie suit son cours, ce mercredi. A première vue, rien ne laisse penser qu’une impressionnante avalanche a semé le chaos la veille, que des secouristes ont travaillé tard dans la nuit pour rechercher d’éventuelles victimes et qu'un patrouilleur de 34 ans a succombé à ses blessures, laissant derrière lui une femme et deux jeunes enfants.

Il faut monter jusqu’à l’arrêt «Les Violettes», à 2200 mètres d’altitude, pour percevoir les stigmates de la coulée. «Welcome to Crans-Montana» (Bienvenue à Crans-Montana): l’inscription qui s’affiche en vert sur un panneau lumineux accueille les visiteurs. Mais, juste en dessous, le message «Piste Kandahar Fermée» rappelle qu'un drame s'est joué là mardi. Kandahar, c’est le nom de la piste sur laquelle a déboulé l’avalanche, mardi aux environs de 14h15. Il est toujours interdit d’y accéder. C’est la raison pour laquelle les portiques du Funitel qui mènent d’ordinaire à la Plaine-Morte, zone abritant la piste de Kandahar, sont au rouge.

Skieurs écartés pendant l'enquête

D'un recoin de la station appelé «La cabane des Violettes», on parvient à visualiser le déroulé du drame. «Cette avalanche a eu lieu dans la zone rocheuse qu’on voit derrière nous. Elle est descendue le long des rochers et est arrivée en contrebas de la piste», explique Stève Léger, porte-parole de la police cantonale valaisanne. Au loin, on aperçoit un hélicoptère posé dans un secteur balisé, interdit d’accès au public. Les membres de la police mandatés par le Ministère public y effectuent des relevés pour les besoins de l’enquête. Les résultats de ces investigations sont déterminants pour la réouverture de l’entier du domaine skiable.

Mais, en attendant, c'est toujours la même affluence au restaurant des Violettes. «On n’a pas ressenti une baisse de fréquentation. L’avalanche est à l'esprit des visiteurs mais cela ne se ressent pas vraiment sur notre activité», explique un membre de l’équipe du restaurant.

«On n’a pas peur de venir skier» affirme de son côté, Anaïs, venue de Monaco avec son fils. Elle s'apprêtait du reste à prendre le Funitel pour la Plaine-Morte mardi, juste avant qu’il ne ferme à cause de la coulée de neige. «Je suis triste pour les blessés et le patrouilleur qui est mort. Ma douleur est grande», renchérit-elle.

«Il restera toujours dans nos coeurs»

Justement, ce patrouilleur s’appelait Mathieu. Et ses amis de la station n’entendent pas l’oublier de sitôt. «On construit un tableau de condoléances en son hommage», témoigne Houari Benghozala, ambulancier aux CMA (Remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona (CMA). «Il restera toujours dans nos coeurs.»

Interview de Stève Léger, porte-parole de la police valaisanne

Une avalanche sur les pistes de Crans Montana