Bulle (FR)

18 février 2020 18:26; Act: 18.02.2020 18:32 Print

Accusés d'avoir tout fait exploser par négligence

Des explosions et incendies avaient causé, en 2013, d'importants dégâts et laissé une partie du chef-lieu gruérien sans électricité. Les plaignants réclament 75 millions.

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Un cadre de Gruyère Energie SA (GESA) et son prédécesseur comparaissent cette semaine devant la justice. Ils sont accusés d'incendie par négligence, explosion par négligence et entrave aux
services d’intérêt général par négligence. Le Ministère public considère que c'est une défaillance dans les protocoles de contrôles dont ils avaient la responsabilité qui est en cause dans le cadre des explosions et incendies qui avaient secoué Bulle (FR), en novembre 2013, laissant au passage une partie de la ville sans électricité durant plusieurs heures. En tout, les prétentions civiles sont de 75 millions de francs.

A l'époque, le chantier d'un nouveau bâtiment d'une entreprise pharmaceutique arrivait à son terme. Ce dernier devait être doublement alimenté en électricité, d'un côté par GESA et de l'autre par Groupe E. Mais au moment de coupler les deux réseaux, un court-circuit dont l'origine demeure inconnue à l'heure actuelle s'était produit. Ce phénomène s'était ensuite répercuté en cascade sur plusieurs installations de GESA. Mais aucune sécurité ne s'est déclenchée avant qu'il ne soit trop tard. A l'échelle d'un logement, c'est comme si les plombs n'avaient pas sauté. En revanche, les sécurités du Groupe E avaient elles parfaitement rempli leur mission.

Les batteries auraient lâché

Selon un expert, l'explication la plus plausible est que les batteries alimentant lesdits systèmes n'ont pas fonctionné correctement. Tout d'abord, on leur reproche leur vétusté. Les batteries avaient presque 15 ans, alors que le fabriquant estime que leur durée de vie, lorsqu'elles sont chargées en permanence, est de 10 ans. De plus, le Ministère public relève que les contrôles n'étaient réalisés que de manière superficielle.

Mardi, les accusés ont contesté cette version. Pour expliquer la longévité des batteries, l'un d'eux a souligné que: «Elles sont dans un environnement optimal. L'air est sec, la température raisonnable... Bref, une vie de rêve pour des batteries.» Par la suite, il a ajouté: «Nos tests de capacité sont efficaces et conformes aux recommandations du fabricant». Dans tous les cas, difficile d'en avoir le coeur net, puisque ces fameuses batteries ont été détruites.

La veille, c'est surtout le volet financier qui avait animé les débats. Tant la pharma que son assureur ont renoncé à prendre part au procès pénal, pour se concentrer sur le civil, lorsqu'il s'agira de réclamer les 75 millions de francs, explique «La Liberté». En outre, l'un des avocats de la défense est allé jusqu'à insinuer que c'est le côté exorbitant de ces prétentions qui a poussé le Ministère public a creuser uniquement du côté de GESA, sans vraiment se soucier du court-circuit, au sein de la pharma, qui a tout engendré.

Les plaidoiries auront lieu mercredi et le verdict sera rendu le 3 avril.

(xfz)