Canton de Fribourg

27 juin 2019 12:08; Act: 27.06.2019 15:36 Print

Adoption d'une nouvelle loi sur l'énergie

Les députés fribourgeois ont accepté une loi énergétique qui vise «une société à 4000 watts» d'ici à 2030.

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La droite a apporté son soutien au texte, malgré l'une ou l'autre réserve. (Photo: Keystone)

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Le Grand Conseil fribourgeois a accepté très largement jeudi de modifier la loi cantonale sur l'énergie (LEn). L'objectif consiste à poursuivre les objectifs de politique énergétique visant la «société à 4000 watts» d'ici à 2030.

La modification de la LEn, loi qui remonte à 2000, a été avalisée par 92 voix sans opposition et 2 abstentions. Tous les groupes l'ont soutenue, même si des députés ont émis des réserves ou trouvé que la révision ne se montrait pas assez ambitieuse.

La révision résulte de l'acceptation ces dernières années de trois motions parlementaires.

Le rapporteur de la commission ad hoc, le député PDC Eric Collomb, notamment à l'origine des motions, et le conseiller d'Etat Olivier Curty, en charge de l'Économie, ont insisté sur l'aspect équilibré et souple de la révision. «Elle se veut incitative, avec des mesures qui tiennent compte de leur faisabilité technique», a précisé le second.

Soutien très large

Fribourg disposera d'une loi compatible avec la stratégie énergétique 2050 de la Confédération (renouvelable favorisé, sortie des énergies fossiles et fin du nucléaire). «La révision a reçu un accueil très favorable en consultation», a ajouté le magistrat démocrate-chrétien (PDC), signalant deux oppositions sur 52 réponses.

La droite a apporté son soutien au texte, malgré l'une ou l'autre réserve. «Il est temps de se montrer ambitieux, d'utiliser les technologies disponibles, même si des frais supplémentaires peuvent être demandés aux propriétaires», a expliqué le PDC Markus Bapst, en faisant référence aux énergies renouvelables.

Les libéraux-radicaux ont apporté leur soutien également, jugeant, par la voix de la députée Antoinette de Weck, «la révision normale, vu le contexte général». L'Union démocratique du centre (UDC) s'est montrée favorable à l'unanimité de son groupe.

Pas assez loin

A gauche, les socialistes et les Verts sont apparus derrière la modification de la LEn. «Même si le canton de Fribourg pourrait aller plus loin, mettre fin au chauffage électrique, qui représente un tiers de la consommation d'énergie pendant la période hivernale», a relevé le député PS David Bonny, promettant de revenir sur le sujet.

«C'est un grand défi de notre époque, il faut penser à nos enfants, les pays riches doivent limiter les émissions de CO2», a dit Mirjam Ballmer pour les Verts. «Les énergies renouvelables lancent un défi sur le plan local, tout en accroissant la sécurité de l'approvisionnement, avec moins de dépendance à l'égard de certains Etats.»

«C'est une question de bon sens», a ajouté le député PLR Jean-Daniel Schumacher. «Qui sont les propriétaires des immeubles», s'est-il interrogé, en répondant «des caisses de pension et des banques». Et d'affirmer: «C'est le moment de les mettre sous pression qu'elles adaptent leur parc immobilier.»

Des réserves

Parmi les réserves, le député PDC Daniel Bürdel a rappelé la nécessité d'intégrer les implications financières pour l'économie. Le PLR Rudolf Vonlanthen s'est réjoui de voir le Conseil d'Etat ne pas «aller trop loin, trop vite», rappelant que les émissions de CO2 avaient reculé de 26,5% depuis 1990 dans le canton, alors que la population augmentait de 30%.

La révision votée jeudi permet d'harmoniser les dispositions légales avec le Modèle de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC 2014). Les nouvelles dispositions vont dans le sens de réduire sensiblement à moyen terme la consommation d'énergie fossile et de favoriser davantage encore l'utilisation des énergies renouvelables indigènes.

Par l'ensemble des mesures, le Conseil d'Etat entend également démontrer la volonté du Canton de Fribourg d'agir en faveur du climat et des générations futures. Les références aux manifestations de jeunes, intervenues depuis janvier, sont apparues dans les propos de certains députés.

(nxp/ats)