Justice en Valais

28 février 2011 11:13; Act: 28.02.2011 11:43 Print

Affaire Luca: deux des trois experts écartés

Deux experts ont été écartés dans le cadre de l'affaire Luca Mongelli, l'enfant retrouvé nu dans la neige et mystérieusement mutilé en février 2002, à Veysonnaz (VS).

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Le 7 février 2002, Luca Mongelli, alors âgé de 7 ans, est retrouvé, en début de soirée près de sa maison, inconscient. En hypothermie, il gît dans la neige, torse nu... la culotte baissée à hauteur des genoux et le corps couvert de griffures. Après deux mois de coma, il se réveille avec de graves lésions. Luca est quasi tétraplégique et aveugle. L'affaire est classée fin février 2004. Le chien est euthanasié. La justice valaisanne conclut qu'il a été attaqué par son propre chien, «Rocky», un berger allemand, qu'il promenait avec son petit frère Marco, âgé de 4 ans au moment des faits. «Canines», un roman, signé par un mystérieux auteur (sous le pseudonyme de Janus) et qui s'inspire de cette histoire, sort le 8 juin 2010 aux Editions Xenia. Le 13 octobre 2010, une pétition munie de plus de 9300 signatures a été déposée au Ministère public valaisan, à Sion. Elle demande la réouverture du dossier Luca. La pétition vient compléter une lettre adressée à l'Office du juge d'instruction cantonal le 4 octobre dernier par les parents de la jeune victime. Celui-ci garde encore aujourd'hui de graves séquelles. Ces derniers sollicitent la réouverture du dossier avec, à l'appui, un dessin réalisé au printemps 2005 par le frère cadet de Luca. Ce dernier retrace, selon eux, les événements du drame et implique l'intervention de tiers. Marco, le petit frère de la victime (presque 4 ans lors du drame) avait 7 ans lorsqu'il a réalisé ce dessin à l'école, en Italie. La maîtresse avait donné à ses élèves le thème «Dessine tes émotions». Selon le détective privé engagé par la famille, Marco a dessiné la scène de l'agression en exprimant le sentiment de la peur. Il explique qu'il regarde son frère en train de se faire tabasser. A terre, les yeux fermés, la bouche poussant des cris, c'est Luca en train de se faire taper par des méchants. En bas à gauche, Marco s'est dessiné lui-même, caché derrière un arbre, les yeux horrifiés et la bouche ouverte. Le Dr Charles-Antoine Haenggeli, neuropédiatre aux HUG, confirme que ce dessin est troublant. Ce serait «le scénario qui explique tout», a-t-il confié à la TSR, en janvier 2009. Le 4 janvier 2009, dans l'émission «Zone d'ombre» de la TSR, Luca, alors âgé de 14 ans, raconte ce qu'il s'est passé, selon lui.

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Le procureur général adjoint du Canton du Valais a donc suivi la demande de la famille, rapporte lundi la radio Rhône FM.

Le choix d'experts, annoncé en novembre 2011 par le juge instructeur cantonal valaisan Nicolas Dubuis, avait aussitôt suscité l'incompréhension de la famille de Luca. Selon elle, deux des trois experts désignés n'étaient pas habilités à examiner le dessin réalisé par le jeune frère de Luca.

Seul un expert canadien est retenu

La famille avait mis en doute la neutralité du psychologue suisse Philip Jaffé. «Il a exprimé son opinion sur l'affaire lors de l'émission «Zone d'ombre» de la TSR et en a aussi longuement discuté hors caméra», avait expliqué Fred Reichenbach, le président de la Fondation Luca.

Quant au choix du psychologue français Paul Bensussan, il avait aussi laissé Fred Reichenbach perplexe: «Le 21 octobre 2011, suite à une demande de ma part, il m'a répondu qu'il n'était pas la bonne personne puisqu'il n'est ni pédopsychiatre, ni un spécialiste de l'interprétation du dessin d'enfant».

Un dessin qui pourrait réouvrir le dossier

Le juge instructeur cantonal valaisan avait également mandaté le canadien Hubert Van Gijsghem pour cette expertise. Un choix que la famille de Luca ne conteste pas. A l'heure actuelle, seul ce professeur reste donc habilité à mener cette expertise.

Les experts choisis devaient analyser un dessin du jeune frère de Luca, réalisé en 2005 dans le cadre de l'école en Italie, où la famille réside. Il montre Luca en train de se faire taper par d'autres enfants. Selon les conclusions des experts, le juge instructeur cantonal pourrait décider d'une réouverture éventuelle du dossier.

(ats/gco)