Fribourg

11 mars 2019 22:29; Act: 11.03.2019 22:29 Print

Amoureuse d’un officier, elle le harcèle jour et nuit

par Christian Humbert - Une femme a bombardé un capitaine de l'armée de messages et d'appels sur son téléphone professionnel crypté. Il a fini par porter plainte.

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Le plaignant avait reçu dinnombrables appels et messages. (Photo: iStock)

Une faute?

En plein carnaval, la mère de famille qui comparaissait la semaine passée n’avait pas l’air de mesurer la solennité des lieux et les risques qu’elle encourait. Tout sourire, elle n’a cessé de se retourner et lancer des clins d’oeil à un proche. Elle a aussi pouffé de rire quand le président du Tribunal de police de Fribourg a demandé au plaignant de montrer les photos très intimes envoyées par la prévenue.

Cet officier de l’armée suisse était un collègue du mari de la trentenaire. Il a eu le malheur de l’écouter une fois évoquer ses problèmes de couple. Elle a flashé sur lui: «Je l’aime et je l’aimerai toujours», a-t-elle clamé à l’audience. Un amour à sens unique qui s’est traduit par d’innombrables messages et appels téléphoniques, entre mars 2017 et avril 2018.

Difficile de changer de numéro

La prévenue avait réussi à se procurer le numéro du téléphone professionnel, crypté, du capitaine. Elle l’a alors littéralement bombardé d’appels et de messages, nuit et jour. «Il m’aurait été difficile de changer de numéro de téléphone professionnel», a-t-il expliqué en marge de l’audience.

L’officier, en couple, n’avait nullement l’intention de fréquenter cette femme. Il n’a jamais répondu à ses messages. Et il avait même renoncé à se rendre à Fribourg, histoire de l’éviter.

Lassé, le capitaine a fini par porter plainte. D’autant que son admiratrice parlait de lui comme de son futur mari.

«Je n'ai tué personne...»

Celle-ci a reconnu une partie des faits mais a contesté l’ordonnance pénale qui la condamnait à 1800 fr. de jours-amende fermes et à 500 fr. d’amende. «Je n’ai tué personne, on doit pouvoir s’arranger. On ne contrôle pas ses sentiments... J’ai essayé: qui ne tente rien n’a rien! Promis-­craché, je ne l’importunerai plus. Il n’a plus de souci à se faire.»

Le plaignant a accepté de retirer sa plainte pour calomnie. Mais la pornographie et le harcèlement sont poursuivis d’office. La prévenue saura par écrit si le juge réduit sa peine.