Suisse romande

26 mars 2020 08:14; Act: 26.03.2020 19:24 Print

Amours contrariées par le covid-19 et les frontières

par Maria Pineiro - Pour certains couples, la crise actuelle rime avec abstinence. Habitant dans deux pays différents, leurs rapports se limitent au téléphone et au virtuel.

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(Photo: Rawpixel)

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«Le temps commence à devenir long. Cela fait bientôt huit jours que je n'ai pas vu ma copine», témoigne un internaute. Pas besoin d'être célibataire pour se retrouver confiné seul à la maison. C'est également le lot de nombreux couples transfrontaliers, «pris de court par le virus» comme le rapporte un autre lecteur sur notre page Instagram. «Elle est Française, moi Suisse. Nous avons nos domiciles respectifs à Genève et en France voisine. Avant cette pandémie du Covid-19 nous habitions à mon domicile, car nous avons les deux une activité professionnelle différente à Genève.» Mais voilà, crise oblige, sa compagne «a dû retourner du jour au lendemain en France». Les administrations étant fermées, il est impossible de faire évoluer leurs statuts. La situation est bloquée.

Le développement de la pandémie a obligé ces couples à faire des choix qui ont conduit à la séparation. Comme ce duo d'étudiants lausannois, qui se voyaient quotidiennement. «Lorsque les universités ont commencé à fermer, nous avons compris la gravité de la situation.» Lui, Français, est reparti auprès de sa famille. Et depuis, ils ne se sont plus revus.

Les incertitudes pèsent lourds

Pour les couples fonctionnant déjà à distance, la situation est parfois plus facile à gérer. «Nous nous voyons plusieurs jours environ une fois par mois, parfois seulement tous les mois et demi. Ce qui fait que pour le moment, nous ne souffrons pas trop de cette séparation imposée», témoigne Carole. Quand bien même, dans certains cas, ce sont les projets de vie commune qui prennent un sacré coup de frein, comme pour l'ami belge d'une Suissesse qui a dû interrompre ses recherches d'emploi dans notre pays qui visaient à «avoir un permis de séjour et vivre ensemble.»

Si tous acceptent et comprennent les restrictions, les incertitudes quant à l'avenir pèsent lourds. «Ce n'est pas facile d'être dans l'ignorance, car on ne peut pas s'attacher à une date», souligne une Lausannoise. Heureusement pour ces amoureux contrariés, les moyens technologiques actuels permettent de rester en contact, en se parlant, mais aussi par vidéo. Tous, d'ailleurs disent en user afin de ne par rompre le lien. «De plus je crois que l'éloignement des corps renforce le rapprochement des coeurs et des âmes soeurs», se console Carole.