Solidarité

26 mars 2020 21:22; Act: 26.03.2020 21:56 Print

Des dessins par dizaines pour les résidents confinés

par Pauline Rumpf - Après un appel de l'équipe des soignants, une centaine de messages de soutien plus colorés les uns que les autres ont été envoyés dans un EMS lausannois. Résidents et collaborateurs sont extrêmement émus.

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«Mais voyez-vous ça!» Les résidents de la Fondation Clémence n'en croient pas leurs yeux. Après un appel lancé la semaine dernière par l'équipe de l'EMS lausannois, près d'une centaine de dessins, bricolages et mots de soutien ont été envoyés par des gens de toute la Suisse à ces personnes tristement confinées et privées de leurs visites. Les messages s'adressent tant aux personnes âgées qu'aux collaborateurs, et tout le monde est envahi par la reconnaissance.

Aînés touchés en plein coeur

«Émus», «touchés», «honorés»: les seniors ont reçu ces messages en plein coeur. «On se sent moins seuls», avance l'un d'eux. Il faut dire que cette situation est difficile à vivre, mais aussi à comprendre pour les résidents. Pourquoi leur famille ne vient-elle plus les voir? «C'est pour nous protéger», rassure un autre. Des discussions par Skype ont pu être organisées avec les proches de certaines personnes et ont ainsi rompu un peu leur solitude.

«Il y a un afflux de courrier, et on a aussi eu quelques jours bien fleuris grâce à des dons. Des petits-enfants sont venus amener des paquets à leurs grands-parents, en les déposant à la réception bien sûr», explique Sophie Rouge, assistante administrative à l'origine de la démarche. Elle souhaite que les familles de tout le pays puissent trouver une façon de maintenir le lien d'une façon ou d'une autre avec leurs aînés soudainement isolés. De leur côté, ces derniers écrivent parfois aussi des lettres, et ont pu envoyer leurs créations, réalisées à l'atelier de poterie.

Soignants tendus, de peur d'être vecteurs du virus

Outre les résidents, les soignants aussi sont à l'honneur, dans cette vague de solidarité. Ils s'imposent en effet un confinement encore plus strict que la plupart des gens, puisqu'ils côtoient tous les jours des personnes très à risque. «La charge de travail a certes augmenté, mais nous sommes surtout tendus en permanence à cause du risque d'être vecteur d'une propagation mortelle, témoigne Odile Mottaz, animatrice socioculturelle. Ce stress pèse lourd sur nos épaules.»

La guirlande clamant un multicolore «On pense à vous», accrochée au milieu de la cafétéria, fait donc du bien à tout le monde dans l'EMS de la Fondation Clémence. «On espère que le mouvement va se généraliser!» sourit Sophie Rouge.