Boulanger abuseur à Bienne

03 avril 2019 10:34; Act: 03.04.2019 10:47 Print

«Mes actions sont inexcusables»

par Vincent Donzé - L'heure est au mea culpa pour le maître d'apprentissage condamné pour des fellations imposées à une employée en position de détresse.

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Le boulanger annonce se retirer «de toutes les tâches opérationnelles» de la boulangerie biennoise. (Photo: DR)

Une faute?

Un boycott jusqu'aux plus hautes autorités municipales menaçait une entreprise familiale de 32 employés après la condamnation vendredi dernier d'un boulanger biennois de 56 ans à 20 mois d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans, pour abus de détresse face à une apprentie étrangère.

Le maître d'apprentissage imposait des fellations à cette dernière, qui risquait de perdre son emploi et son permis de séjour.

Regrets

«Mes actions sont inexcusables. Je regrette profondément ce que j'ai fait et je tiens à m'excuser officiellement auprès de ma famille, des personnes touchées, de mes amis, de mes employés et de mes clients», indique le boulanger, en déclinant son identité.

«Mes employés et mes amis n'étaient pas au courant de ces incidents», indique le condamné, qui dit avoir informé sa femme et son frère dès le dépôt de plainte de l'apprentie, soutenue dans sa démarche par une enseignante.

À son frère

Le boulanger annonce se retirer «de toutes les tâches opérationnelles» de la boulangerie largement centenaire. Il passe l'entière responsabilité de l'entreprise à son frère et associé. Le maire Erich Fehr appréciera, lui qui n'a pas changé d'habitude lundi matin pour son café/croissant.

Le condamné peut cependant devenir salarié de l'entreprise familiale, mais il affirme avoir décidé «de ne plus jamais travailler comme formateur d'apprentis», un espoir formulé par ceux qui ont soutenu la victime âgée aujourd'hui de 26 ans.

«Je m'excuse encore une fois du fond du coeur auprès des personnes touchées et de ma famille», conclut le boulanger. Sa démission en tant que président de la guilde du quartier, où il réside, a aussi été exigée avant la fin de la semaine.

Des interventions politiques sont programmées au sujet du statut des migrantes victimes d'abus de détresse.