Fribourg

19 décembre 2011 11:39; Act: 19.12.2011 11:50 Print

Condamnés pour avoir saccagé un bar

Dix-neuf casseurs ont été condamnés pour avoir pris part au saccage d'un bar en octobre 2008 à Fribourg.

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Valentine Jaquier, gérante du Elvis et moi, pose devant son bar au lendemain de l’attaque. (Photo: Keystone)

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Les intéressés faisaient partie d'un groupe antifasciste qui voulait empêcher la tenue d'un concert de «dark folk». Ils ont écopé de peines allant de 60 à 120 jours-amende, avec ou sans sursis. Des jours de travail d'intérêt général ont aussi été infligés.

Le 11 octobre 2008 vers 20h, une trentaine d'individus vêtus de noir, cagoulés et munis de bâtons et de battes s'étaient réunis pour empêcher la tenue du concert du groupe «Camerata Mediolanense» au bar «Elvis et Moi», a rappelé lundi le Ministère public fribourgeois.

Les individus ont pénétré dans l'établissement en brisant la devanture et l'ont totalement dévasté, causant pour plusieurs dizaines de milliers de francs de dégâts. Lors de sa fuite en direction de la gare, le groupe de casseurs a encore attaqué et menacé deux agents de police appelés sur les lieux en pulvérisant du spray au poivre dans les orifices de ventilation de leur véhicule et en brandissant leurs battes et bâtons dans leur direction.

Devant la menace, les deux agents ont dû libérer un émeutier qu'ils étaient parvenus à intercepter, renoncer aux autres interpellations et sortir leurs armes afin de tenir le groupe à distance. En raison de la violence et de la soudaineté du saccage (nombre important d'assaillants, hurlements, menaces gestuelles et verbales) ainsi que des gaz lacrymogènes utilisés par les casseurs, certaines des 13 personnes qui se trouvaient dans l'établissement au moment des faits ont été atteintes dans leur santé physique et psychique. Un groupe intitulé «Antifascistische Aktion, Kommando nazifreie Subkultur» avait revendiqué l'opération. Il expliquait avoir voulu s'en prendre à ce groupe musical d'extrême droite.

Une enquête pénale avait été ouverte contre inconnu. Une grande partie des auteurs a pu être identifiés grâce notamment à la comparaison des profils ADN, la surveillance des communications, les perquisitions et les auditions. En outre, de nombreux objets et armes, matraques, poing américain, pistolets soft air, sprays lacrymogènes, sprays au poivre ont été séquestrés.

A l'issue de l'instruction, 19 personnes ont été condamnées par voie d'ordonnance pénale le 16 décembre dernier pour lésions corporelles simples, dommages à la propriété, violation de domicile, émeute, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires commise par une foule ameutée ainsi que délit contre la loi fédérale sur les armes. En plus d'une peine pécuniaire, certains ont écopé d'amendes allant de 200 à 1.500 francs. La procédure a en outre été classée à l'égard d'une vingtaine d'autres personnes, dont l'implication n'a pas pu être établie.

(ap)