Perreux (NE)

09 juillet 2018 12:49; Act: 09.07.2018 13:27 Print

Le rapport polémique enfin dévoilé

De nombreux problèmes du centre de requérants, notamment d'abus de faiblesse, avaient été révélés par la presse en 2013. Cinq ans après, le rapport sort enfin au grand jour.

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Le centre cantonal pour requérants a depuis fermé ses portes. Désormais, Perreux accueille à la place un centre fédéral. (Photo: Keystone)

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Des altercations, des relations sexuelles entre la directrice et des requérants, ou encore des problèmes sanitaires: voilà quelques uns des faits qui avaient été révélés en 2013 au sujet du centre pour requérants d'asile de Perreux (NE). Un rapport avait été établi à l'époque, mais n'était jamais sorti.

Relations sexuelles entre la direction et des requérants

C'est désormais chose faite. La RTS et le Matin Dimanche se sont procuré le dossier, après être allés jusqu'au Tribunal Fédéral. La rapport révèle un manque d'effectifs, mais pointe surtout du doigt la directrice du centre, qui distribuait des traitements de faveurs, manquait de distance avec ses administrés et faisait de la discrimination à l'origine, indique la RTS.

A l'époque, la presse avait parlé d'une liaison entre la dirigeante et un demandeur d'asile camerounais. D'autres relations problématiques avaient également été relevées. Un groupe de requérants, dont le Camerounais, jouaient le rôle de meneurs dans l'établissement, faisant la loi auprès de leurs camarades mais aussi des employés. Des dysfonctionnements au niveau de la gestion des employés avaient également été signalés. Révélée par «20 minutes», une affaire de punaises de lit infectant le centre s'était ajoutée à tout cela.

Manque de réactions politique et administrative

Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), contacté par le «Matin Dimanche», rappelle que la directrice avait été relaxée par la justice en 2013. Du côté politique, l'ancien conseiller d'Etat Thierry Grosjean est pointé du doigt par le dominical, pour avoir couvert cette dirigeante qu'il qualifiait de «bonne fée».

L'homme avait à l'époque refusé de publier le document, et maintenu la directrice à son poste même si le rapport aujourd'hui public parle de manquements suffisants pour des mesures «pouvant toucher la poursuite des rapports de service», selon le journal. Aujourd'hui, le politicien PLR refuse de s'exprimer.

(rmf)