Baisses d'impôt

02 février 2011 16:30; Act: 02.02.2011 16:41 Print

Fribourg poursuit sa politique

Le canton de Fribourg va à nouveau baisser ses impôts sur les personnes physiques et morales.

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Le Grand Conseil a voté mercredi à une courte majorité une motion dans ce sens. Les dispositions adoptées ont été cependant édulcorées par rapport à ce que la droite du parlement souhaitait.

Les groupes PDC, UDC et PLR ont présenté une motion commune qui visait une baisse des impôts dont l'incidence se serait élevée à 193,5 millions pour le canton et à 149 millions pour les communes. Le tout en cinq ans.

C'est Pierre-André Page, aspirant UDC au Conseil d'Etat lors des prochaines élections cantonales de cet automne, qui a lancé la charge. «Le canton est un des moins attractifs du point de vue fiscal», a-t-il dit.

Directeur de l'Union patronale fribourgeoise, Jean-Pierre Siggen (PDC) a rappelé que la situation financière du canton est plus que favorable. Fribourg affiche 750 millions de fortune. Le canton a digéré l'ensemble des baisses d'impôts déjà décidées ainsi que la crise pour clôturer ses derniers comptes sur des recettes fiscales en hausse.

La gauche et plusieurs députés ayant des responsabilités communales sont montés aux barricades. Les incidences des baisses proposées sont supportables pour le canton, mais pas pour les communes, a dit Jean Bourgknecht, vice-syndic PDC de la ville de Fribourg.

Embellie conjoncturelle

Selon lui, la ville risquait de perdre 1/6 de ses recettes fiscales. Le syndic socialiste de Fribourg Pierre-Alain Clément a tiré à la même corde: «Voter cette motion reviendrait à adopter une mesure structurelle alors que l'embellie financière n'est que conjoncturelle», a-t-il analysé.

Le directeur des finances Claude Lässer (PLR) a porté l'estocade. Selon lui, la motion est beaucoup trop contraignante sur les montants et le calendrier. Et elle fait totalement l'impasse sur les exigences de dépenses du Grand Conseil et sur les contraintes de l'extérieur.

A petits pas

Le Grand Conseil serait «bien inspiré» de regarder ce qui se passe du côté de la BNS ou de la RPT. De l'avis du conseiller d'Etat, lors de la prochaine révision de la RPT, Fribourg, qui en est un des grands bénéficiaires, devra se battre pour que le système perdure.

Le conseiller d'Etat a donc proposé le fractionnement de la motion, l'acceptation d'une partie des baisses d'impôts et surtout le rejet de l'échéancier. Il a obtenu gain de cause sur tous les points, imposant ainsi une fois de plus la politique des petits pas, chère à Fribourg.

(ats)