Fribourg

18 juin 2019 12:22; Act: 18.06.2019 17:10 Print

Il aurait tenté de faire exécuter son ex-femme

par Christian Humbert - Un homme, accusé notamment de tentative d’instigation à l'assassinat, a comparu mardi devant le Tribunal de la Sarine.

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Le Tribunal de la Sarine juge un homme pour tentative d'instigation à l'assassinat. (Photo: Keystone)

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La nuit du 11 septembre 2017, il a surpris son ex en train de s'adonner à des exercices particuliers, dans sa voiture avec un amant, sur le parking du parcours Vita de Rossens (FR). Ce Fribourgeois, père de quatre enfants, dont trois avec cette deuxième épouse dont il était séparé depuis le mois de juillet, a alors perdu la boule. Il l'a extraite de force de la voiture et l’a obligée à le suivre, à moitié nue, jusqu’à son atelier.

«Je pense qu’elle était effrayée. J’avais perdu mes moyens», a-t-il reconnu mardi entre deux sanglots devant le Tribunal de la Sarine. Le trentenaire détenu depuis mai 2018 conservait l’espoir d’une reprise de la vie commune, c'est alors que «j’ai vu la réalité», dit-il. De plus, il ajoute: «Je m’étais rendu à l’hôpital psychiatrique quelques jours auparavant. Je voulais mourir. Je n’en ai pas eu le courage.» Sur le trajet, il lui aurait dit: «Si tu ne fais pas la conne, je ne fais pas le con» et se serait ensuite calmé. Pour finir, il l'aurait ramenée à sa voiture.

Maquiller le crime en suicide

Le Fribourgeois, qui avait réussi deux apprentissages et monté sa propre entreprise, était en train de perdre pied dans son travail également. C’est son épouse qui s’occupait des comptes. Une fois partie, les factures impayées s’accumulaient. Alors, quand. quelque temps plus tard, un de ses anciens ouvriers polonais lui a expliqué que les problèmes étaient liquidés par un meurtre dans son pays, le chef d’entreprise y a vu une opportunité.

Il lui a proposé de tuer la mère de ses enfants en maquillant le crime en suicide. L’ouvrier et des compatriotes devaient balancer la femme au barrage de Rossens. Dix mille francs et un Mini Cooper auraient été offerts au tueur. Mais le bonhomme a préféré dénoncer le scénario à la police.

«Le sol s’est dérobé sous moi, quand je l’ai appris. J’appréhende quand il va sortir. Je ne comprends pas pourquoi il a voulu faire ça. Cela ne lui correspond pas. Il ne m’a jamais demandé pardon», a raconté la femme, dont les enfants sont la priorité. «Je n’étais plus moi-même. Je voulais sortir du tourbillon, apaiser ma souffrance. Je ne pouvais pas supporter qu’elle puisse refaire sa vie. Cela n’a rien arrangé. Je n’ai pas su gérer mes émotions», s’est défendu l’accusé, dont le sort sera connu la semaine prochaine. Il risque des années de prison pour tentative d’instigation à l'assassinat. Le procureur Jean-Luc Mooser a requis une peine privative de liberté de douze ans.