Crime passionel à Chénens (FR)

02 juillet 2014 18:39; Act: 02.07.2014 22:32 Print

Il avait abattu son ex: «nous nous aimions»

L'homme qui a tué son ex-amie en novembre 2011 à Chénens (FR) a comparu mercredi devant le Tribunal pénal de la Sarine. Accusé d'assassinat, il nie avoir prémédité l'homicide.

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Le drame s'est joué dans cet immeuble en novembre 2011. (Photo: TSR)

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Le prévenu, 56 ans au moment des faits, était allé en matinée chez son ancienne compagne de 53 ans. Il avait tiré sur elle deux fois à la tête avec un fusil. La police l'avait interpellé le lendemain. Cet homme d'origine portugaise, établi en Suisse depuis une quinzaine d'années, était divorcé. Il a rencontré en 2008 la victime, divorcée elle aussi et mère de deux fils trentenaires. Ceux-ci désapprouvaient sa relation avec cet homme décrit comme possessif.

«Il l'a isolée», dit l'un d'eux. «A mon avis, il était jaloux même de nous.» Ils affirment que leur mère se sentait suivie. «Elle a voulu faire couper ses cheveux tout court et laisser venir ses cheveux gris pour qu'on ne la reconnaisse pas», raconte sa belle-fille qui était aussi sa coiffeuse.

Ils étaient séparés depuis février 2011, après des actes de violence reprochés au prévenu. Mais ils se téléphonaient et se rencontraient encore parfois.

«Amour toxique»

«Nous nous aimions», a dit le prévenu lors de son audition, la voix troublée par l'émotion. Il affirme qu'en été 2011, lorsqu'il a voulu la rejoindre en Italie alors qu'elle était en vacances dans sa famille, elle a accepté, et elle a dit qu'elle l'aimait toujours.

La victime avait aussi confié à son entourage féminin qu'il était l'homme de sa vie. Elle disait qu'elle pourrait vivre avec lui s'il suivait une thérapie de gestion de la violence. Mais elle a aussi évoqué un «amour toxique».

Du reste, le prévenu a admis que leur relation s'était à nouveau détériorée à la fin de l'été. Mais il soutient qu'ils étaient réconciliés en octobre, au moment où il a fait un séjour au Portugal.

Pendant son retour du Portugal, il reçoit d'elle un SMS lui souhaitant un bon anniversaire. Le soir, il la rejoint dans un dancing mais elle est en compagnie d'un autre homme et refuse de danser avec lui. L'homicide a lieu le lendemain en fin de matinée.

Provenance du fusil

Selon le prévenu, il est allé chez elle et ils ont discuté calmement, avant qu'elle lui demande de partir car elle attendait quelqu'un. Suspectant un rendez-vous avec l'homme de la veille, il se serait senti «très mal» et serait revenu sur ses pas.

Il l'aurait trouvée recouchée dans la chambre. Elle l'aurait alors menacé avec un fusil, qu'elle aurait pris dans ou sous le lit. Selon lui, il a tenté de la désarmer et un coup est est parti, le touchant au front. Cela l'a mis hors de lui, et il a tiré.

Mais selon l'accusation, le fusil appartient au prévenu. Il se serait lui-même infligé cette blessure après l'homicide pour faire croire à sa version. L'homme, qui s'est rendu au Portugal en avion, en serait revenu en car exprès pour pouvoir amener cette arme en Suisse.

Les réponses du prévenu n'ont guère permis d'éclaircir les zones d'ombre. Le juge, ne voyant pas où voulait en venir la défense, a perdu patience quand l'avocat a demandé de montrer et mesurer les sacs de voyage utilisés au Portugal. Il est descendu de l'estrade, excédé, et a procédé lui-même au test pour confirmer que l'un des sacs pouvait contenir le fusil démonté.

Les plaidoiries sont prévues mardi et le verdict devrait tomber le 28 août.

(ats)