Valais

17 février 2011 16:37; Act: 17.02.2011 17:12 Print

L’achat d'alcool par les mineurs reste facile

par Grégoire Corthay - Selon une campagne d'achats-tests, près de 30% des établissements valaisans ne respectent pas l'âge légal pour vendre de la bière, du vin ou des alcools forts à des jeunes.

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La vente de bière est interdite aux mineurs de moins de 16 ans.

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Depuis 2008, la Ligue valaisanne contre les toxicomanies (LVT), en collaboration avec la police cantonale et les polices municipales, pratique des achats-tests auprès de commerçants du Haut-Valais, de Monthey et des communes du Haut-Lac.

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Pour effectuer ces achats, la LVT utilise des jeunes volontaires qui ne résident pas dans la commune où ils tentent de se procurer illégalement des boissons alcoolisées. Ces complices ne sont pas rémunérés et perçoivent juste un défraiement sous forme d'un bon d'achat.

Une campagne efficace

Ces achats-tests visent aussi bien des cafés-restaurants, des centres commerciaux, des shops de stations-services, des bars ou encore des buvettes lors d'un festival (l'Open Air Gampel, par exemple). Tous les commerçants, mais aussi les particuliers, doivent respecter la législation en vigueur qui interdit la vente de bière, de vin et de cidre aux mineurs de moins de 16 ans et d'alcools forts (vodka, whisky,...) et d'alcopops aux moins de 18 ans, rappelle la LVT.

Quel ont été les résultat des achats-tests effectués depuis 2008? Lors d'une première visite, 54% des commerces étaient en infraction. Au deuxième passage, ce taux est tombé à 29%. «Il s'agit d'une évolution est clairement réjouissante» s'est félicité la LVT qui indiqué souhaiter passer sous la barre des 20% de commerces en infraction «d'ici 3 à 4 ans».

La prévention plutôt que la répression

Que la vente à un mineur soit refusée ou acceptée, la Ligue valaisanne contre les toxicomanies souligne qu'elle rencontre systématiquement le commerçant qu’elle «félicite de respecter la loi» ou informe de ses manquements. «Il s'agit en effet avant tout d'une campagne de prévention et de sensibilisation. Notre but n'est pas de débusquer les moutons noirs du secteur et de piéger des commerçants mais de collaborer avec eux. On leur explique notamment comment gérer le refus de la vente d'alcool le soir à une bande de jeunes», souligne Philippe Vouillamoz, directeur des centres d'aide et de prévention de la LVT. «Suite au succès de nos précédentes campagnes dans le Haut Valais et à Monthey, nous avons décidé d'en lancer une, dès le 17 février, en ville de Sion», poursuit-il.

«On veut privilégier la prévention mais les commerçants fautifs risquent une amende de quelques centaines de francs, voire de se voir interdire de vente d'alcool pendant un certain temps selon la gravité du cas», relève toutefois la police valaisanne. Carlo Kuonen, le chef de la gendarmerie de la police cantonale, précise que, depuis 2008, 29 cas ont été dénoncé à la police suite à des achats-tests .