Casse de Fribourg

13 octobre 2008 13:09; Act: 14.10.2008 15:17 Print

L'agression est revendiquée par un groupe «antifasciste»

Un groupuscule d'extrême-gauche a revendiqué dimanche l'action commando de samedi soir contre le bar «Elvis et moi» à Fribourg.

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Le groupe est connu des services de police, surtout en Suisse alémanique. La police recherche toujours les trente casseurs.

«Nous avons eu un acte d'une extrême violence, commis par une bande organisée qui s'en est prise à des policiers», a résumé lundi Benoît Dumas, chargé de communication de la police cantonale fribourgeoise, interrogé par l'ATS. «Aucune idéologie ne peut justifier cela. Nous nous faisons forts de retrouver les casseurs, ils devront répondre de leurs actes», a-t-il ajouté.

Depuis la revendication par le groupe «Antifaschistische Aktion», la police suit un faisceau de pistes. Benoît Dumas n'a pas voulu donner plus de précisions sur l'enquête en cours. Il a simplement déclaré que la police refuse d'entrer dans un débat idéologique autour des auteurs de l'agression.

Règlement de compte

Samedi soir, une trentaine de casseurs vêtus de noir et cagoulés ont fracassé en quelques minutes ce bar de la Rue de Morat à Fribourg. Le local s'apprêtait à accueillir un concert privé gothique. Malgré l'intervention la police, tous les agresseurs ont réussi à disparaître après avoir laissé dans une ruelle les cagoules et bâtons utilisés.

Selon la police, le groupe a voulu empêcher la tenue du concert d'un ensemble milanais qu'il juge comme étant d'extrême-droite. Il dénonce la tentative de diffuser des contenus fascistes en infiltrant des milieux culturels.

La police cantonale évoquait dimanche la thèse d'un règlement de compte entre les agresseurs et les organisateurs du concert, l'association lausannoise «Soleil Noir».

Esthétique du pangermanisme

Les adeptes de «Soleil noir», qui se revendiquent «Suisses et Européens», précisent notamment «qu'ils vomissent la globalisation-standardisation planétaire, la grande soupe fade du multiculturalisme, l'américanisation comme la tiermondisation.» «Ils cultivent une certaine esthétique du pangermanisme», note M. Dumas.

Selon la police fédérale Fedpol, le nombre d'extrémistes de gauche en Suisse se situe autour de 2000 personnes. En 2007, 221 incidents liés à cette mouvance ont été recensés, dont plus de la moitié étaient accompagnés de violence.

(ats)