Neuchâtel

20 mai 2019 06:33; Act: 20.05.2019 12:52 Print

L'armée lui débauche son employé, le patron fulmine

par Yannick Weber - Le directeur d'une petite entreprise regrette le manque de souplesse de l'armée, qui a forcé une recrue à grader sans délai.

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L'armée essaie au mieux de s'arranger pour concilier carrière militaire et vie professionnelle. (Photo: Keystone)

Une faute?

Il a fini son école de recrues vendredi dernier et devait revenir au boulot ce lundi. Mais c'est sous les drapeaux qu'il va passer cinq mois de plus. André*, employé dans une petite entreprise de dépannage automobile active 24h/24 et 7 jours sur 7 dans le canton de Neuchâtel, a été appelé à grader et a appris qu'il devrait enchaîner sans délai son école de recrue avec l'école de sous-officier. C'est à contre cœur, mais la loi est ainsi faite. Il n'a pas le choix de refuser. Son patron par contre, est dégoûté.

Car pour lui, engager du personnel déjà formé et prêt à entrer en fonction dans l'immédiat est mission quasi impossible. Pendant l'école de recrues de son employé, il s'est arrangé entre heures supplémentaires et renoncement aux vacances. Et là, c'est parti pour cinq mois supplémentaires. «Je vous raconte pas pour les vacances d'été... On a fait une demande il y a un mois pour reporter son école de sous-officier, mais ça n'a pas été possible. On a l'impression que l'armée est intouchable, qu'on parle à un mur», regrette Antonio*, le patron de la boîte familiale.

L'armée dément tout manque de souplesse, notamment quant aux délais. «La recrue est informée de manière transparente et prend part de manière active au processus d'avancement; et ce, dès le début de son école de recrue», rappelle Delphine Allemand, sa porte-parole. Elle ajoute que le processus tient compte autant des besoins de l'armée que de l'environnement professionnel des recrues.

Pas de quoi consoler Antonio. «D'être pénalisé ainsi par l'armée n'est pas normal. J'espère pouvoir engager quelqu'un rapidement, mais ça veut aussi dire que je devrai procéder à un licenciement quand André aura terminé à l'armée...» se désole-t-il.

Pour l'armée, la situation est regrettable mais aurait pu être évitée. «Il existe de nombreux moyens de prévenir pareil problème. Les possibilités de dialogues entre recrues et cadres sont nombreuses et des solutions peuvent toujours être trouvées s'il peut être justifié que le service d'avancement est incompatible avec la vie professionnelle.»

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Les commentaires les plus populaires

  • Nic le 20.05.2019 06:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La clé sous la porte

    Je comprends ce petit patron ! C'est degueulasse de la part de l'armée ! Et déjà cette obligation de faire l'école de sous-officier c'est pas normal !

  • Meyer m le 20.05.2019 06:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    si on veut vraiment ne pas grader

    On y arrive très facilement. Fait pas raconter des histoires...

  • Jjm le 20.05.2019 06:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bizarre

    La recrue étais informé vers la 7ème semaines normalement. Peut-être qu il a peur de le dire à son boss?

Les derniers commentaires

  • Pato69 le 21.05.2019 23:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tais toi et paye mieux tes employés....

    peut etre qu ils resteront dans ta boite la prochaine fois

  • Baba le 21.05.2019 22:20 Report dénoncer ce commentaire

    Ignorants

    Avis aux pseudo suisses qui sont devenu la norme dans ce pays , le premier grade est un est une obligation, si cette recrue n'avait pas fait excellente impression durant son Ecole de recrue il n'aurait pas eu cette promotion. Être Suisse c'est des droits mais surtout des DEVOIRS !!!!

  • amonavis le 20.05.2019 19:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    amonavis

    A mon avis, cet article manque de précisions , il est tourné de façon à créer une polémique ...

  • dugenou le 20.05.2019 18:14 Report dénoncer ce commentaire

    On croit rêver

    Il a rien d'autre à faire, ce patron, que d'alerter les médias parce qu'il a une petite contrariété ? Ca veut juste dire qu'on fait passer l'intérêt collectif avant son petit intérêt personnel, un point c'est tout. Tout le monde connait le problème (et c'est bien pire pour les indépendants). Je suppose qu'il va bientôt interdire aux femmes de son entreprise de tomber enceintes parce que ça lui cause des soucis. Si'il ne sait pas gérer ce genre de situations sans pleurnicher, il faut vite qu'il vende sa boîte et qu'il passe à autre chose.

    • Avygael le 21.05.2019 08:41 Report dénoncer ce commentaire

      @dugenou

      Ou alors il va arrêter d'engager de jeunes suisses pour éviter ces problèmes.

  • Dudu percutant le 20.05.2019 18:13 Report dénoncer ce commentaire

    Employer des arguments sonnants

    Cela a toujours été et il faut savoir parfois utiliser des arguments sonnants! J'avais été listé pour faire cette école de sous-off et quand le major m'a demandé si ça m'intéressait, je lui ai répondu non sèchement; or il avait décidé que je la ferai et a insisté, mais devant mon refus, il a carrément exigé que je la fasse en me donnant un ordre, ce qui a déclenché une réaction très inattendue et il s'est retrouvé sur le cul! Les potes qui passaient après moi (j'étais le premier), se sont ensuite étonnés de le voir avec un énorme cocard qui noircissait à vue d'oeil!!!!