Hôpital fribourgeois

13 juillet 2018 10:10; Act: 13.07.2018 12:48 Print

Salaires trop élevés et gestion financière ambiguë

Des lacunes ont été découvertes par un audit dans les finances d'Hôpital fribourgeois. Celui-ci doit rapidement présenter des mesures.

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Le HFR est dans une situation financière difficile. (Photo: Keystone)

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La gestion financière du HFR (Hôpital fribourgeois) est mise en cause par un audit réalisé par l'Inspection des finances (IF). Le Conseil d'Etat fribourgeois demande au conseil d'administration du HFR de lui présenter des mesures jusqu'à fin août.

«Ce rapport confirme les doutes» que le Conseil d'Etat avait sur la gestion financière de l'établissement, a déclaré vendredi devant la presse Georges Godel, directeur des finances. Plusieurs lacunes ont été relevées dans la comptabilité analytique, dans l'établissement du budget et dans la manière d'investir qui n'est pas cohérente.

Dans le détail, la comptabilité analytique est «difficilement exploitable», car elle n'est pas utilisée comme outil de gestion, et ne prévoit pas de mécanisme pour vérifier les données ou s'assurer de leur plausibilité. Elle se limite à «agréger des données», a expliqué Irène Moullet, cheffe du Service de l'inspection des finances.

Incohérences

Par ailleurs, le processus d'établissement du budget ne repose sur aucune procédure formalisée. «Les unités sont peu impliquées, ce qui entraîne de grandes imprécisions dans la budgétisation des charges de personnel», qui représentent 70% des coûts. Elles ne reçoivent aucune consigne ou objectif à atteindre en termes budgétaires et sont donc déresponsabilisées.

«La planification des investissements recèle aussi un grand potentiel d'amélioration», a ajouté Irène Moullet. Les études sur les possibilités de financement font par exemple défaut. L'audit a aussi relevé plusieurs incohérences entre les différentes listes d'investissement.

Par exemple, le projet «monitoring» est budgété 575'000 francs par le conseil d'administration et 1,15 million par le conseil de direction. Le projet «Entwicklungsmanagement» (développement de la gestion), budgété 750'000 francs, et celui de la rénovation de la cuisine, budgété 2,7 millions, apparaissent uniquement dans la liste des investissements adoptés par le conseil d'administration.

Des salaires pas en rapport

Au niveau des charges salariales, un autre rapport réalisé par le Service du personnel et d'organisation (SPO), en appui à l'IF, montre que le HFR est «généralement plus généreux que l'administration centrale cantonale dans l'attribution de classes de traitement pour les employés des fonctions administratives et techniques».

Plusieurs cas de classes de traitement trop élevés ont été observés sur les 51 dossiers étudiés dans ces fonctions-là. Pour plusieurs dossiers, le SPO aurait préavisé deux classes de salaires en moins, notamment pour certains collaborateurs administratifs. Sur les 108 cas des fonctions médicales, le rapport n'a pas de remarque à formuler.

Le rapport relève aussi que sur 159 dossiers étudiés, il manque pour près de la moitié un cahier des charges. Le SPO recommande au HFR d'établir «systématiquement» de suite un cahier des charges pour chaque poste, d'en attribuer la fonction de référence en tenant compte du cahier des charges et de la classe de traitement.

Mesures urgentes demandées

Le HFR est dans une situation financière difficile, avec une perte cumulée de 21,7 millions de francs au 31 décembre 2017. Dans un premier audit dévoilé début mai, l'Inspection des finances avait déjà émis 14 recommandations relatives à la comptabilité et à la facturation du HFR.

HFR est aussi dans la tourmente au niveau de la gouvernance, dont la modification de la loi en consultation doit permettre de renforcer les compétences du conseil d'administration. L'institution s'est séparée de sa directrice Claudia Käch, un audit ayant constaté son isolement, provoqué par un style de conduite autoritaire.

Marc Devaud, qui assurait l'intérim à la tête de l'établissement depuis fin février, a été nommé fin juin pour la remplacer. Le Conseil d'Etat «attend du nouveau directeur général qu'il prenne des mesures opérationnelles urgentes sans délai», a ajouté Georges Godel.

(nxp/ats)