Nomination chahutée

01 février 2011 17:41; Act: 01.02.2011 18:07 Print

La nomination de Cornu sous la loupe

La gauche fribourgeoise n'a pas digéré la nomination, en mai 2010, de l'ex-préfet radical de la Glâne Jean- Claude Cornu à la tête de l'Etablissement cantonal d'assurance des bâtiments (ECAB).

Une faute?

Dans une motion, le député Raoul Girard proposait au Grand Conseil de confier la compétence de nommer le directeur de l'ECAB au conseil d'administration et non plus au Conseil d'Etat. Ce dernier n'avait pas entériné le choix du conseil d'administration, mais nommé le second sur la liste des candidats sélectionnés.

Pour mémoire, ce poste prestigieux et fort bien rémunéré avait attiré 102 candidats; 17 avaient été auditionnés. Certains observateurs ont soupçonné des renvois d'ascenseur entre démocrates- chrétiens et libéraux-radicaux. D'autres ont critiqué un su-sucre de fin de carrière pour l'ex-conseiller aux Etats, candidat malheureux à une réélection sous la Coupole à Berne et au gouvernement cantonal.

La gauche et une large majorité de l'UDC ont défendu une procédure de nomination plus indépendante du pouvoir exécutif et conforme à ce qui se fait à la Banque cantonale (BCF), au Groupe E ou aux Transports publics fribourgeois (TPF), où les conseils d'administration tranchent.


Manque de cohérence

Député de l'Alliance Centre gauche, Benoît Rey a appelé les députés à être cohérents: soit on veut des régies sous la coupe de l'Etat et c'est le gouvernement qui nomme, soit on veut des structures autonomes et c'est le conseil d'administration qui décide, a-t-il argumenté. «Pour de bonnes et de mauvaises raisons, nous sommes en train de jongler entre les deux», a-t-il dit.

Pour le gouvernement, contrairement à la BCF, au Groupe E et aux TPF, l'ECAB n'est pas une société anonyme mais un établissement cantonal: le gouvernement en assume la responsabilité de surveillance. A son avis, il est donc logique que le Conseil d'Etat dispose également de la prérogative de nommer son directeur.


«Réchauffé»

Le député Louis Duc a exhorté les députés d'arrêter la chasse aux sorcières. Pour lui, le débat sur la motion Girard était du «réchauffé». Le parlement a refusé la motion par 52 voix contre 38 et 3 abstentions.

Présent lors du débat sur la restructurations des corps de sapeurs-pompiers, Jean-Claude Cornu s'est éclipsé avant la discussion portant sur la motion. «Elle concerne mon successeur», a- t-il lancé.

(ats)