Fribourg

16 juillet 2018 22:58; Act: 16.07.2018 22:58 Print

Le Moléson a servi d’écrin à une pianiste valaisanne

par Jacqueline Favez - Le patron d'un magasin de musique a fait déposer son instrument en montagne. Où Beatrice Berrut s'est simplement régalée.

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Un piano de concert installé dans le décor magistral du sommet du Moléson et une artiste de renommée internationale qui interprète une des «Consolations» de Liszt: derrière cette séquence toute de douceur et de plénitude se cache le tumulte d’un tournage minuté. «Nous savions que la météo pouvait se détériorer très vite. Nous avions un créneau de deux heures environ», raconte Xavier Morel, patron du magasin de musique à l’origine de cette vidéo.

Coureur interloqué

L’équipe était montée la veille par téléphérique et avait passé la nuit au sommet. Vers 7 h, le 16 juin, elle a réceptionné l’instrument, arrivé par hélicoptère. «Quand j’ai vu le piano tournoyer dans les airs avant l’atterrissage, j’ai tremblé», se souvient Xavier Morel. La Valaisanne Beatrice Berrut a ensuite inlassablement laissé glisser ses mains sur le clavier, se calant sur le tempo de l’enregistrement qu’elle avait fait auparavant en studio, diffusé dans son oreillette. Car, non, le son de la vidéo n’a pas été réalisé sur place. «En plein air, l’acoustique n’est pas excellente. Et il aurait fallu accorder le piano après son transport», explique Beatrice Berrut.

La pianiste a eu pour tout public la nature, l’équipe de tournage et... un coureur, interloqué par le spectacle qui s’offrait à lui. «Il a dû se demander où il arrivait», s’amuse Xavier Morel. Vers 9 h, l’hélicoptère est revenu chercher le piano. «Nous avons tout rangé et, immédiatement après, un épais brouillard s’est levé.» C’était juste, mais le timing a été parfait.

Ses deux passions réunies

«C’est un des plus beaux moments de ma vie. Jouer dans ce lieu d’une beauté à couper le souffle, c’était magique», s’enthousiasme Beatrice Berrut. Elle qui adore faire de la montagne a savouré cette possibilité de réunir ses deux passions. «Et je pense que le compositeur aurait aimé l’idée», poursuit la Valaisanne de 33 ans. Le Hongrois Franz Liszt a en effet passé un an en pèlerinage en Suisse. «Jouer une de ses pièces était une manière de rendre hommage à son passage dans notre pays.»