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09 décembre 2011 12:18; Act: 09.12.2011 15:29 Print

Le WWF ne s'oppose plus aux sept éoliennes

Le WWF ne s'oppose plus à la construction de sept éoliennes à la Vallée de Joux (VD), dans un site classé à l'Inventaire fédéral des paysages (IFP).

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Le WWF ne s'oppose plus à la construction de sept éoliennes à la Vallée de Joux, dans un site classé à l'Inventaire fédéral des paysages (IFP). Il a signé vendredi une convention avec la société électrique locale (SEVJ) et la commune du Chenit (VD).

L'organisation de protection de l'environnement ne s'opposera ni au plan partiel d'affectation ni au permis de construire du parc éolien. Elle n'interviendra pas non plus par des voies juridiques contre la modification du périmètre de l'IFP.

Paysage pas prioritaire

«Le paysage n'est pas dans nos priorités», a déclaré devant la presse Serge Ansermet. Le secrétaire régional du WWF Vaud a affirmé que les hélices ne mettraient pas en danger la biodiversité, ce qui est essentiel pour le WWF. En contre-partie, la Société électrique de la Vallée de Joux (SEVJ) et les communes s'engagent très concrètement dans des économies d'énergie.

Le Conseil fédéral doit encore se prononcer sur la demande de modification du périmètre classé. D'autres associations pourront contester le projet, qui est soutenu en revanche par la totalité de la population de la vallée, selon Alain Bourqui, directeur général de la SEVJ.

Pas pour l'argent

A ses yeux, Eoljoux remplit toutes les conditions pour réussir. La démarche s'inscrit «dans un profond respect de la nature». Les éoliennes ne seront pas implantées sur les crêtes, mais dans un repli de terrain. Elles seront «loin des habitations» et fourniront plus de courant que nécessaire dans la vallée.

Eoljoux «n'est pas un projet d'investissement», a souligné Alain Bourqui. Il profitera aux collectivités régionales et ne versera pas de dividendes à des financiers. «Il n'y a aucune raison de s'opposer» à ce projet, a-t-il martelé.

Accepter les éoliennes chez soi

«Nous assumons nos responsabilités», a relevé Laurent Reymondin, municipal du Chenit en critiquant l'attitude de ceux qui prônent les éoliennes «ailleurs» que chez eux. «Notre moteur n'est pas l'argent» mais une volonté de participer au développement durable et à celui des énergies renouvelables.

Comme mesures concrètes d'économies d'énergie, Laurent Reymondin a annoncé que quelque 350'000 francs allaient être investis dans le Centre sportif de la Vallée de Joux afin qu'il diminue considérablement sa consommation de chaleur. Il faut en finir avec le juridisme que bloque tout et passer à une collaboration constructive entre partenaires, a-t-il lancé.

Un cas spécial

La mise à l'enquête pourrait intervenir début 2013, selon le municipal. Il a reconnu que l'approvisionnement électrique par les éoliennes était aléatoire. C'est bien «un mix énergétique» qui assurera le courant, notamment aux entreprises de la vallée, lorsque les hélices ne tournent pas.

Interrogés sur le précédent que représenterait le changement du périmètre de l'IFP pour d'autres projets, les responsables ont argué du cas spécial que représente Eoljoux. Toute la Vallée de Joux est dans l'IFP, a souligné Alain Bourqui rappelant que cette modification serait très largement compensée.

Pragmatisme du WWF

Le WWF n'a pas donné «un chèque en blanc», a noté Catherine Martinson, membre de la direction de l'organisation, en insistant sur «le pragmatisme» du WWF. Questionnée par l'ats, l'association Pro Natura s'est félicitée de l'engagement pour le renouvelable et l'efficacité énergétique de la part de la SEVJ et des communes.

La modification de l'IFP est qualifiée en revanche de «problématique. C'est un précédent qui nous fait très peur», a déclaré Nicolas Wüthrich, porte-parole de Pro Natura. Roman Hapka, porte-parole de la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage, est plus catégorique: «On ne modifie pas un IFP pour y mettre des projets d'une telle envergure».

(ats)