Action

15 février 2019 11:59; Act: 15.02.2019 14:55 Print

Le canton du Jura au chevet de la pauvreté

La question de la pauvreté ne se résume pas à la situation économique ou financière, a expliqué vendredi l'exécutif jurassien.

storybild

«En Suisse, plus d'un demi-million de personnes est en situation de pauvreté et le Jura ne fait pas exception», rappelle l'Exécutif jurassien, vendredi. (Photo: Keystone/Photo d'illustration)

Une faute?

Le Gouvernement jurassien publie son premier «rapport social». Le document doit servir à poser les jalons en vue de la définition des indicateurs pertinents pour approcher la question de la pauvreté dans le canton.

La question de la pauvreté ne se résume pas à la situation économique ou financière, a expliqué vendredi l'exécutif cantonal. «En Suisse, plus d'un demi-million de personnes est en situation de pauvreté et le Jura ne fait pas exception», précise le communiqué.

40 indicateurs

Le rapport a retenu 40 indicateurs. Il révèle par exemple qu'environ 7% de la population jurassienne a recours à des prestations d'aide sociale au sens large, que la répartition des revenus dans le Jura est relativement «égalitaire» et que le Jura est le canton qui connaît les loyers les plus bas de Suisse.

Le salaire médian jurassien est inférieur de 13,3% au salaire médian suisse. Il apparaît par ailleurs que l'espérance de vie est également une des plus faibles de Suisse. Le phénomène s'explique en particulier par une consommation d'alcool à risque pour 7,7% des Jurassiens, tout comme un fort taux de fumeurs (26,1%).

Le rapport trouve son origine dans une motion acceptée en 2010 par le Parlement jurassien. La motion relevait notamment que «la recherche et l'expérience montrent que la pauvreté naît de causes diverses. Si la situation économique qui provoque le chômage et la fin du droit aux indemnités est une cause importante de pauvreté, une formation insuffisante joue également un rôle significatif.»

Phénomène complexe

Il ressort du texte lui-même que la pauvreté est «un phénomène complexe, multidimensionnel qui dépasse largement la simple question du pouvoir d'achat au sens économique ou de l'efficacité des prestations sociales». C'est pourquoi le Gouvernement jurassien a retenu une approche qui sort du cadre strictement financier.

Le rapport jurassien dépasse la notion de «rapport sur la pauvreté», telle qu'elle existe dans d'autres cantons. Les dimensions retenues sont notamment les conditions de vie matérielle, l'activité productive, la santé, l'éducation et la formation, les loisirs et les interactions sociales, la sécurité ou encore la qualité de vie.

S'il est ambitieux dans son approche, le rapport ne prétend toutefois pas être exhaustif dans sa première version, relève l'exécutif cantonal. «Un certain nombre d'indicateurs sont en effet manquants, insuffisamment détaillés ou alors ne permettent pas des comparaisons intercantonales.»

Avec le temps

Les prochaines années permettront d'estimer les ressources nécessaires pour obtenir une image de plus en plus précise de la situation. Pour chacune des thématiques évoquées, le document recense une série de mesures, déjà appliquées dans le Jura, visant à améliorer la qualité de vie des Jurassiens.

Les mesures figurant dans le rapport devront elles-mêmes être précisées au cours du temps et permettre au Gouvernement jurassien d'établir un plan d'action à l'entame de chaque législature. La publication régulière du rapport social assurera une évaluation périodique de l'efficacité des actions entreprises.

(nxp/ats)