Fribourg

24 février 2019 12:22; Act: 24.02.2019 12:38 Print

Le canton vit un hiver chaud sur le front social

La semaine a été rythmée par des contestations sur les conditions de réforme des caisses de pension du canton et de la ville.

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La semaine a été rythmée par des contestations sur les conditions de réforme des caisses de pension du canton et de la ville. (Photo: Keystone/Adrien Perritaz)

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Fribourg sort d'une semaine sociale chargée sur fond de contestation des conditions de réforme des caisses de pension du canton et de la ville. Les employés de l'Etat ont manifesté en masse mercredi, ceux de la ville ont fait grève une demi-journée lundi.

La manifestation de mercredi soir à Fribourg a rassemblé entre 3000 et 4000 personnes, reflétant un contexte qui annonce une fin d'hiver chaude dans le canton. Le Conseil d'Etat, sous la houlette de son grand argentier Georges Godel, a lancé fin novembre un assainissement de la Caisse de prévoyance du personnel de l'Etat de Fribourg (CPPEF), avec une consultation qui court jusqu'au 15 mars.

Une pancarte affichant "La retraite, pas la traite" situait bien les enjeux de la réforme. Les manifestants, d'abord chauffés par les discours de leurs représentants issus des rangs de la Fédération des associations du personnel des services publics du canton de Fribourg (FEDE) et le Syndicat des services publics (SSP), ont entamé un cortège empruntant un parcours à même de canaliser la foule.

Contraintes fédérales

Celui-ci les a conduits de l'emblématique place Georges-Python, du nom de l'ancien conseiller d'Etat cofondateur de l'Université de Fribourg en 1889, à la place de l'Hôtel de ville, non sans accomplir le détour par-devant le bâtiment abritant les services de la Direction des finances (DFIN) et le bureau de Georges Godel.

La révision menée par le ministre démocrate-chrétien vise à se conformer à la législation fédérale qui impose d'atteindre un taux de couverture de 80% d'ici à 2052. La CPPEF n'en est pas si éloignée, mais la situation tend à se dégrader. D'où l'action gouvernementale engagée depuis plusieurs mois maintenant, induisant le bras de fer actuel.

Le projet s'appuie sur trois variantes pour réduire l'impact négatif sur les assurés les plus âgés. Il prévoit la baisse du taux d'intérêt technique (rendement moyen espéré) d'un point à 2,25% et le passage du régime de la primauté des prestations à celui de la primauté des cotisations, qui constitue désormais la norme en Suisse.

Pertes substantielles

La révision propose encore, avec l'une des variantes notamment, une recapitalisation partielle de 350 millions de francs sous la forme d'une avance de cotisations de l?employeur. Des baisses de rentes de plusieurs centaines de francs par mois, dans certains cas, se profilent néanmoins, d'où la revendication syndicale de voir l'enveloppe de l'Etat davantage garnie.

La CPPEF, c'est du lourd sur le plan cantonal. Elle compte 19'300 assurés, dont 6140 rentiers, parmi lesquels se trouvent 5000 retraités. Si la contribution du canton devait gonfler, ce serait au détriment des contribuables, appelés de toute façon à passer à la caisse, avertissent déjà les partis de droite. La semaine qui commence devrait apporter de nouveaux éléments.

Une rencontre est agendée lundi entre Georges Godel, la FEDE et le SSP. Elle fait suite à une précédente réunion intervenue il y a dix jours et toute une série de négociations déjà engagées en 2018. Le personnel se retrouvera ensuite en assemblée mercredi pour faire le point de la situation, des pourparlers censés répondre à leurs revendications.

Contraste avec Fribourg

La FEDE et le SSP ont déjà annoncé la couleur. Si aucune percée ne devait survenir, les employés de l'Etat prévoient une journée de grève le 13 mars. Quant au gouvernement, il veut faire entrer en vigueur l'assainissement de la CPPEF en 2021, une fois passé les étapes devant le Grand Conseil, puis les citoyens du canton.

La situation de la CPPEF contraste désormais avec celle de la révision de la Caisse de pension de la ville de Fribourg (CPPVF). Au centre d'un conflit de même nature, qui a occupé le devant de la scène sociale pendant plusieurs semaines, celle-ci a connu un dénouement plus rapide qu'escompté pas plus tard que lundi soir.

Le Conseil général de Fribourg, à majorité de gauche, contrairement au Grand Conseil, a avalisé à ce moment-là l'assainissement de la CPPVF. La grève organisée l'après-midi par les employés mécontents, une première pour la ville, a permis d'en réduire l'impact négatif, grâce à une enveloppe supplémentaire, votée in extremis, de 4 millions de francs à l'initiative du Parti socialiste.

(nxp/ats)