Fribourg

12 mars 2020 07:49; Act: 12.03.2020 07:49 Print

Le pédophile pouvait travailler avec des enfants

Condamné mardi pour des actes d'ordre sexuel sur enfant, le prévenu n'en était pas à son coup d'essai. Mais rien ne l'empêchait de récidiver.

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La chauffeur du bus a commis des actes déplacés envers des fillettes de 10 ans à deux reprises. (Photo: Keystone/photo prétexte)

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«Cette affaire démontre bien toutes les limites de notre système judiciaire! Pour de simples excès de vitesse, des gens ont été plus sévèrement condamnés que cet homme, qui avait déjà tripoté une fillette une première fois. Et maintenant, il a recommencé! Il est plus que temps de l'éloigner une fois pour toutes des enfants. Je pense même qu'il faudrait l'envoyer quelque temps en prison et expliquer aux autres détenus pourquoi il est là. Ça lui permettrait peut-être de comprendre la gravité de ses actes.» Mardi, à l'occasion d'un procès qui s'est tenu à Morat (FR), l'avocat de la partie plaignante n'a pas mâché ses mots lors de sa plaidoirie.

Ce qui l'a, à ce point, mis hors de lui, c'est que l'homme qui s'en est pris à sa cliente, une fillette de 10 ans, n'en était pas à son coup d'essai. Alors que c'est en novembre 2018 qu'il a commis des actes d'ordre sexuel sur elle, il avait déjà été condamné par ordonnance pénale pour des faits similaires en avril 2017, soit moins de deux ans plus tôt. Mais, à l'époque, «avoir touché la cuisse d’une fillette en remontant très près de ses parties intimes lors d’un transport dans le bus scolaire» n'avait été qualifié que de «désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel».

«Son casier judiciaire était resté vierge»

Autrement dit, ce n'était ni un crime ni un délit. Par définition, il était donc impossible de prononcer une interdiction d'exercer une activité, professionnelle ou bénévole, en lien avec des enfants. «Concrètement, il n'a été sanctionné que d'une contravention et son casier judiciaire était resté vierge», précise un porte-parole du Ministère public fribourgeois. Par conséquent, l'employeur de ce chauffeur de bus scolaire n'a pas non plus été informé des agissements de son employé. Rien, donc, ne l'empêchait de récidiver.

Dans les faits, l'épisode sanctionné en 2017 a surtout servi au pédophile pour perfectionner sa technique. À cette première occasion, il avait accordé une attention particulière à la fillette, notamment en l'autorisant à s'asseoir à côté de lui. Puis, après avoir gagné son affection, il lui a tripoté les cuisses. Mais les autres enfants du bus l'ont dénoncé. La deuxième fois, en 2018, il a aussi porté une attention particulière à la fillette. Il lui faisait un câlin le matin, il l'appelait «ma princesse» et lui disait qu'il l'aimait. Mais, avant de l'embrasser de force sur la bouche, il a cette fois attendu d'être seul avec elle.

La petite, fortement perturbée, a néanmoins eu le courage de tout expliquer à ses parents. Et la plainte pénale qu'ils ont déposée a finalement abouti à un procès et à une interdiction à vie d'exercer une quelconque activité en lien avec des enfants.

(xfz)